Venezuela: Guaido appelle à poursuivre les manifestations contre Maduro, qui promet de punir «cette escarmouche putschiste»

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a, mardi, promis que la « tentative de coup d’Etat » ne resterait pas « impunie ». — Miraflores Press Office

Un président en poste qui aurait voulu fuir à Cuba ; des militaires qui auraient rallié le président autoproclamé et des heurts toujours aussi violents condamnés par la communauté internationale. Ce mercredi, la situation est toujours aussi confuse et tendue au Venezuela.

La veille, au moins 69 personnes ont été blessées, dont deux par balle, dans les heurts survenus dans la capitale, Caracas, au cours de manifestations en soutien au groupe de soldats qui a fait défection pour rallier Juan Guaido, opposant du président Nicolas Maduro. Ce dernier, dans une allocution à la radio et à la télévision d’un peu moins d’une heure, a félicité les forces armées pour avoir « mis en échec le petit groupe qui comptait répandre la violence à travers cette escarmouche putschiste ».

Maduro dément vouloir fuir à Cuba

Cette « tentative de coup d’Etat » ne « saurait rester impuni [e] », a promis Nicolas Maduro, flanqué du ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, et de plusieurs responsables civils et militaires. J’ai désigné trois procureurs (…), qui sont en train d’interroger toutes les personnes impliquées. » Selon le chef de l’Etat, qui revendique l’héritage politique du défunt président Hugo Chavez (1999-2003), les soldats factieux entendaient provoquer une « tragédie », avec « 50, 100 ou même 200 morts ». Il a en outre démenti les propos du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo qui a affirmé qu’il comptait fuir le pays pour se rendre à Cuba.

Côté opposition, Juan Guaido a appelé ses partisans à poursuivre les manifestations ce mercredi : « J’appelle les forces armées à continuer d’avancer dans l’“opération liberté”. Demain [ce 1er-Mai] (…), nous serons dans la rue », a lancé Juan Guaido dans un message vidéo sur les réseaux sociaux.

Tout en reconnaissant son échec à rallier la majorité des militaires, Juan Guaido a assuré que la journée de mardi avait mis en lumière des failles dans le soutien de l’armée à Nicolas Maduro. « Il est clair que ce qu’affirmait le régime, qui affirmait contrôler les Forces armées, est une farce », a-t-il lancé.

La situation est suivie de près par la communauté internationale. Tandis que le président américain, Donald Trump, a assuré mardi que les Etats-Unis se tenaient « aux côtés du peuple » du Venezuela, la Russie, elle, a accusé les opposants au président Nicolas Maduro d’« attiser » le conflit. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, exhorté « toutes les parties à éviter de recourir à la violence », selon son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Nous lançons un appel aux soldats et au peuple du Venezuela pour qu’ils se placent du bon côté de l’Histoire et rejettent la dictature et l’usurpation » du pouvoir par le président Nicolas Maduro, a twitté le chef de l’Etat colombien, Ivan Duque.

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