Vendée : Trois militants de Sea Shepherd arrêtés pour avoir transporté des dauphins morts

Des militants de Sea Shepherd exposent un dauphin mort pour sensibiliser le public, le 9 février 2020. — G.Gobet/AFP

Trois militants de Sea Shepherd France ont été placés en garde à vue mardi après-midi à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) pour « transport illégal d’espèce protégée », puis remis en liberté dans la soirée, a-t-on appris auprès de l’ONG. « Ils ont écopé d’un rappel à la loi qu’ils ont refusé de signer », a déclaré Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. Le parquet a confirmé un rappel à la loi.

Les trois militants avaient été interpellés après avoir déposé en face de la gendarmerie les cadavres de trois dauphins retrouvés morts dans la matinée, dont celui d’un bébé. Sea Sheperd réalise généralement ce type d’opération dans la rue pour sensibiliser les passants aux risques de la pêche intensive au large des côtes françaises.

« On est choqué et en colère qu’une loi censée protéger les dauphins soit finalement utilisée pour stopper les activités qui essaient de les protéger. C’est l’esprit de la loi qui n’est pas du tout respecté », a déclaré Lamya Essemlali.

Arrestation sous pression des pêcheurs ?

Selon la militante, ces interpellations font suite à des pressions des pêcheurs. Ces derniers « se sont plaints à plusieurs reprises qu’on ne soit pas poursuivi pour ça, et là, le parquet des Sables-d’Olonne a décidé de le faire à la suite de l’action menée à Saint-Gilles-Croix-de-Vie », a-t-elle affirmé, dénonçant « l’absurdité » de cette procédure de placement en garde à vue « qui consiste à abattre le messager ».

Le parquet « ne fait que rappeler la loi en vigueur qui s’applique à tous, sans céder à de quelconques revendications de la part de qui que ce soit », a réagi l’institution judiciaire.

Selon les chiffres de la présidente de Sea Sheperd France, la Vendée est une « zone rouge » en termes d’échouage de dauphins. « Nous, on veut qu’il y ait une transparence sur les méthodes de pêche, que les captures soient toutes déclarées, et pour l’instant, ce n’est absolument pas le cas : sur les 11.300 dauphins tués l’année dernière près des côtes françaises, il y a eu, je crois, sept déclarations », a indiqué Lamya Essemlali.

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