Vendée Globe : Les mers du sud vont « remettre les compteurs » à zéro… Ruyant donne des nouvelles… Le journal de la course

Les skippeurs du Vendée Globe vont attaquer les mers du sud (photo d’illustration). — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Ça y est, les marins du Vendée Globe entrent dans les mers du sud. « J’ai vu mon premier albatros, c’est le signe », a souri Charlie Dalin jeudi. Le skippeur d’Ativia est toujours et plus que jamais leader de la course, avec une confortable avance sur Thomas Ruyant, qui a donné ce vendredi des nouvelles de son LinkedOut, amputé du foil bâbord. A l’arrière, seul Jérémie Beyou, qui était rentré aux Sables la semaine dernière, n’a pas encore franchi l’Equateur.

Le classement à 9h00

1. Charlie Dalin (Apivia) à 18.687 milles de l’arrivée

2. Thomas Ruyant (LinkedOut) à 221 milles du premier

3. Jean Le Cam (Yes we Cam !) à 354 milles du premier

4. Yannick Bestaven (Maître Coq IV) à 470 milles du premier

5. Kevin Escoffier (PRB) à 479 milles du premier

Des nouvelles de Thomas Ruyant

Victime d’une avarie sur son foil bâbord mercredi, Thomas Ruyant a joint le PC course vendredi matin pour un petit état des lieux. Attention, c’est parfois technique. « Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais mon foil bâbord était bien fissuré au niveau du coude. Avec mon équipe à terre et les architectes, on a pris la décision de couper une partie du « tip » [la zone verticale du foil]. Désormais, le foil est rentré dans son puits sans « rake » [incidence donnant de la portance à l’appendice, ce qui permet au bateau de donner l’impression de voler] », explique le Nordiste.

Conséquence pour son bateau : Le foil « ne sert plus à grand-chose mais au moins, il ne risque pas de provoquer des avaries s’il casse ». Ruyant reste toutefois confiant pour la suite des événements. « Cela ne va pas m’empêcher d’aller vite et de faire ma course ! », assure-t-il.

Une nouvelle course qui commence

Bientôt le retour du vent sur la route du Cap de Bonne-Espérance, et pour les marins c’est comme un nouveau départ. « On va toucher un long bord de portant, qui va être bien sportif. On va tous repartir ensemble, c’est une nouvelle régate qui va commencer, dit Kevin Escoffier dans une petite vidéo. Ça va être intéressant, dans d’autres conditions. J’ai hâte d’y être ! Un peu de suspense pour vous, ça remet un peu les compteurs à zéro. »

Avant que les choses sérieuses ne (re) commencent, le skippeur de PRB, actuel 5e, a profité des derniers instants de calme pour se pomponner… et son bateau avec. « Je me suis douché ! Propre comme un sous-neuf. Et le bateau est niquel », se marre-t-il. Paré à l’abordage.

Une intelligence artificielle à la barre d’un bateau sur Virtual Regatta

Un algorithme peut-il battre un vieux loup de mer ? Une équipe de développeurs du cabinet de conseils en technologie Accenture a imaginé RoBoat, une intelligence artificielle qui skippe seule un voilier monocoque sur le jeu Virtual Regatta, dont les quelque 900.000 inscrits tentent de se mesurer aux vrais marins de la 9e édition du Vendée Globe.

« On a commencé par le calcul des isochrones [qui permettent de prédire une position en fonction d’un temps défini], explique à l’AFP le directeur du centre d’innovation d’Accenture en France Thomas Malnoury. Puis on est passé à la définition d’une stratégie globale par rapport à la météo, et enfin d’une trajectoire selon les conditions locales autour du bateau. » L’équipe récupère aussi les données de navigation des 50 meilleurs joueurs de Virtual Regatta, et entraîne un algorithme à imiter leurs décisions.

Pour l’instant, l’expérience a connu quelques accrocs. RoBoat a perdu 400.000 places dès le premier jour en raison d’un mauvais réglage. Après un correctif réalisé dans l’urgence, il a trouvé sa vitesse de croisière, mais sa stratégie laisse encore dubitatif : il persiste à caboter le long des côtes africaines, plutôt que d’aller chercher, comme la majorité des participants, les allures portantes de l’autre côté de l’Atlantique.

RoBoat se classe pour le moment 331.000e. « Le but est déjà de terminer la course, et si possible dans la première moitié du tableau », détaille Thomas Malnoury. Faute de temps, l’équipe n’a pas pu essayer « l’apprentissage par renforcement », c’est-à-dire simuler un très grand nombre de courses pour aider la machine à identifier les meilleures stratégies, raconte Adrien Jacquot, analyste de données.

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