France

Val-d’Oise : Sept personnes, dont Mareko Scarla, jugées pour un narchomicide.

La lumière bleue des gyrophares éclaire le parking de la résidence Joliot-Curie à Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d’Oise, où, à 3h20, ce 10 mars 2022, un homme blessé par balle à la jambe droite est découvert. Après une enquête de près de deux ans, sept personnes âgées de 23 à 34 ans sont identifiées et jugées du 9 au 20 mars devant la cour d’assises spécialement composée du Val-d’Oise.


La lumière bleue des gyrophares éclaire le parking de la résidence Joliot-Curie à Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d’Oise. Il est 3h20, ce 10 mars 2022, lorsque les policiers découvrent un homme blessé par balle à la jambe droite allongé sur le macadam. Dans une Renault Clio stationnée à proximité, les fonctionnaires retrouvent une deuxième victime, assise sur le siège passager à l’avant. Malgré l’intervention des médecins du Samu, qui ont tenté de la réanimer par un massage cardiaque, cette victime succombe.

Le parquet de Pontoise ouvre une enquête confiée à la brigade criminelle de la DRPJ de Versailles. Les policiers constatent que les victimes sont très défavorablement connues pour des affaires de trafic de stupéfiants. L’homme blessé est El Hadji D., surnommé « Dino », et le décédé est Amine B., âgé de 27 ans. Selon des rumeurs, il et son frère Adel auraient récemment repris un point de deal sur la commune. Ils notent également que le tueur a ciblé sa victime avec une intensité remarquable, Amine B. ayant été touché par six des onze balles de fusil d’assaut tirées.

Après près de deux ans d’investigations, les enquêteurs identifient sept personnes impliquées à différents degrés dans ce crime. Âgées de 23 à 34 ans, elles seront jugées du 9 au 20 mars devant la cour d’assises spécialement composée du Val-d’Oise, laquelle sera composée exclusivement de cinq magistrats professionnels, en vertu de la loi sur les crimes en bande organisée. L’enquête a révélé que le meurtre d’Amine B. avait été prémédité par un individu nommé Akim A., surnommé « Kimo », qui s’est entouré de complices, des professionnels du crime.

Le nom d’Akim A. a rapidement été évoqué durant l’enquête. Lui et son frère Yanis étaient en conflit ouvert avec les frères B. pour des raisons peu claires. Dix jours avant les faits, « Kimo » aurait eu une dispute téléphonique avec Amine B., ce qui semble avoir déclenché sa décision de l’éliminer.

Pour réaliser ce meurtre, il a sollicité un tueur à gages, Guy B., surnommé « Mareko Scarla ». Personnalité du narcobanditisme marseillais, Guy B. a été condamné à vingt-huit ans de prison en septembre dernier pour avoir séquestré et torturé des adolescents dans une cave de la cité de la Busserine. Lors de la nuit du meurtre d’Amine B., il est resté en ligne pendant plus de cinq heures.

Incarcéré à la prison d’Aix-Luynes, « Mareko Scarla » a été écouté par les policiers, qui ont installé des microphones dans sa cellule. Il se vantait souvent d’appartenir au clan Yoda, rival de la DZ Mafia. « On a tué au moins… trente, quarante personnes », confiait-il à un codétenu. En détention, il continuait à gérer ses affaires par téléphone, affirmant avoir des « petits » prêts à intervenir avec des Kalachnikovs dans son quartier. Face au juge d’instruction, il a tenté de justifier ses propos en déclarant qu’il fumait trop de cannabis et qu’il voulait faire peur à son interlocuteur.

Les enquêteurs sont convaincus que « Mareko Scarla » a envoyé Loukmane B., alias « Loko », en région parisienne pour tuer Amine B. Sa mission consistait à récupérer un téléphone et une arme, à incendier le véhicule l’ayant conduit sur place, puis à retourner le lendemain dans le sud, après avoir changé sa ligne téléphonique. À son arrivée, il a été pris en charge par Hamza B., surnommé « le H », qui lui a servi de chauffeur en semi-liberté. Tous deux auraient effectué plusieurs repérages près du parking où Amine B. sera exécuté. Malgré leurs précautions, Loukmane B. a laissé son ADN sur une bouteille de Coca contenant de l’essence, retrouvée près du véhicule incendié.

« Nous réservons nos arguments pour les magistrats de la cour. Nous demanderons un acquittement car mon client est parfaitement étranger aux faits », a déclaré à 20 Minutes l’avocate de Guy B., Me May-Sarah Vogelhut. Cette nouvelle mise en cause ne semble pas avoir freiné les actions de « Mareko Scarla », puisque les policiers de la Crim’ de Versailles ont appris qu’il avait repris un point de deal à Garges-lès-Gonesse, auparavant tenu par « Kimo », ce dernier étant visé par un mandat d’arrêt international.

Si « Mareko Scarla » était responsable du recrutement des exécutants, Ilias Z., surnommé « Bulding », devait leur fournir les voitures volées. Présenté comme l’organisateur du meurtre par l’accusation, ce dernier a sollicité Fallou-Galasse G., alias « Stan », pour obtenir deux véhicules : une Peugeot 3008 et une 5008. Ce dernier s’est ensuite tourné vers une équipe spécialisée dans le vol de voitures, composée de Jordan P., surnommé « Paname », et de son complice et cousin, Florian M.