Vaccination : Le G7 va s’engager à distribuer un milliard de doses aux pays pauvres

Le président américain Joe Biden fait le point sur la vaccination contre le Covid à la veille du sommet du G7, le 10 juin 2021 en Cornouailles, au Royaume-Uni. — Patrick Semansky/AP/SIPA

Selon Joe Biden, c’est une « étape historique » dans la lutte contre la pandémie. Jeudi, le président américain confirmé que les Etats-Unis allaient donner 500 millions de vaccins anti-Covid aux pays pauvres. Dans la foulée, le gouvernement britannique a annoncé que les pays du G7 allaient s’engager à distribuer, au total, un milliard de vaccins aux pays défavorisés. En plus des 500 millions de doses américaines, il y aura 100 millions de doses britanniques, et le reste viendra des cinq nations restantes: Allemagne, France, Italie, Japon et Canada.

« Notre devoir humanitaire est de sauver autant de vies que possible », a martelé Joe Biden à la veille de l’ouverture du sommet du G7 en Cornouailles (Royaume-Uni). « C’est aussi dans l’intérêt des Américains », a-t-il ajouté.

L’achat de 500 millions de doses de vaccins de Pfizer/BioNTech afin d’en faire don à d’autres pays dans le besoin est « la plus grosse commande et donation de vaccins réalisée par un seul pays et un engagement du peuple américain à aider à protéger les populations du monde entier contre le Covid-19 », a souligné l’exécutif américain.

Ces vaccins seront distribués « à 92 pays » défavorisés à travers le dispositif Covax, mis en place pour assurer une distribution équitable des vaccins. Ils commenceront à être envoyés en août, avec 200 millions de doses livrées d’ici la fin de l’année. Les 300 autres millions seront livrées d’ici juin 2022.

Avertissement de l’OMS

« Une fois de plus, les Etats-Unis ont répondu à l’appel », s’est félicité aux côtés de Joe Biden le PDG de Pzifer, Albert Bourla, en expliquant que tous les habitants de la planète avait le droit de se faire vacciner quelles que soient leur situation financière ou leurs origines. « Nous vous sommes reconnaissants », a-t-il ajouté.

Avec près de 64 % des adultes américains ayant désormais reçu au moins une dose, la Maison Blanche tente de se poser en leader dans la lutte planétaire contre la pandémie, qui a fait plus de 3,76 millions de morts, dont près de 600.000 aux Etats-Unis. Or, si une partie de la population des pays riches reprend une vie normale grâce à la vaccination, ces progrès sont encore fragiles et doivent être étendus aux pays moins favorisés.

Covax ne parvient pas à fonctionner à plein régime. Au 4 juin, le dispositif avait livré plus de 80 millions de doses dans 129 pays et territoires, bien moins que prévu. Près de 90 % des pays africains manqueront l’objectif mondial de vacciner un dixième de leur population d’ici septembre, s’ils ne reçoivent pas d’urgence au moins 225 millions de vaccins, a averti jeudi l’Organisation mondiale de la Santé. L’OMS appelle les pays riches, une fois leur population vaccinée, à partager leurs stocks de vaccins avec les pays moins favorisés, afin de sauver des vies, mais aussi de permettre d’éradiquer l’épidémie au niveau mondial.

Vers une levée des brevets ?

Don de doses ou levée des brevets protégeant les vaccins peuvent permettre de faciliter la vaccination à travers la planète : le Parlement européen, en désaccord avec la Commission européenne, s’est prononcé jeudi pour une levée temporaire des brevets afin de développer la production et « améliorer l’accès mondial à des produits médicaux abordables ». Dans les 53 territoires que compte la région Europe selon les critères de l’OMS, 30 % de la population de la région a reçu une première dose de vaccin et 17 % est entièrement vaccinée.

Pourtant, alors que les pays européens allègent leurs restrictions, l’OMS les a appelés à ne pas baisser la garde. « La couverture vaccinale est loin d’être suffisante pour protéger la région d’une résurgence », a prévenu jeudi le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge, appelant à maintenir les mesures barrière et éviter les voyages à l’étranger. « Le chemin à parcourir pour atteindre une couverture d’au moins 80 % de la population adulte est encore considérable », a-t-il souligné. « Nous sommes loin d’être hors de danger ».

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