Vacances : Après le Covid, les passionnés de voyage vont-ils céder au « revenge travel » ?

« On a déjà fait l’Inde, le Sri Lanka, la Thaïlande, Bali plusieurs fois… Ces dernières années, c’était un grand voyage par an, parfois deux. Alors depuis le Covid, bien sûr qu’il y a de la frustration. On n’a qu’une envie, c’est de se rattraper ! » A 60 et 73 ans, Claire et Joëlle sont impatientes de remonter dans un avion. Ces deux amies de longue date, rencontrées ce dimanche au Salon international du tourisme de Nantes, sont à la recherche de leur prochaine destination, en Asie ou en Amérique du Sud. « On aime les beaux paysages, la culture, le soleil…, expliquent-elles. L’an dernier, on a voyagé surtout en Europe, mais ce n’est pas pareil. Ça ressemble trop à la France, que l’on connaît déjà bien. »

A l’image de ces deux femmes, de nombreux globe-trotters se sont sentis frustrés de ne pas avoir pu s’adonner à leur loisir préféré pendant les deux ou trois dernières années, sur fond de pandémie. A tel point que certains professionnels du secteur parlent d’un nouveau phénomène appelé « revenge travel » (ou « voyage de vengeance »), ce besoin frénétique de partir en vacances et de s’évader, comme pour rattraper le temps perdu.

« Dès que l’on a pu repartir, on a tenté le coup, rapportent Françoise et Patrick, qui se sont envolés vers l’île de la Réunion en pleine quatrième vague de Covid, en novembre 2021. C’était pile ou face mais on a osé, après avoir été privé de voyages pendant un an et demi. » Pour 2023, ils espèrent pouvoir mettre enfin le cap sur l’Islande, après une annulation. « On vieillit, sourit le couple. On a déjà perdu deux ans, alors on se dépêche tant qu’on a encore nos jambes ».

Les prix des billets d’avion flambe

Alors que le rebond a déjà été ressenti en 2022 en France et en Europe et que les contraintes sanitaires s’éloignent encore, 2023 sera-t-elle l’année de tous les périples, plus loin et plus fréquents ? Rien n’est moins sûr, même si selon un récent sondage, 81 % des gens interrogés déclarent « très probable » ou « assez probable » qu’ils voyagent cette année (contre 75 % l’an dernier) .

« Le principal problème, ce sont les prix, calcule Raphaële, responsable d’agence au tour-opérateur Salaün holidays. Les circuits, les billets d’avion… avec le kérosène, tout a augmenté, surtout pour les longs courriers. Alors même si les gens ont envie, se payer rien qu’un seul voyage dans l’année devient du luxe… »

Derrière son stand aux couleurs du Vietnam, Thu Ha Tran ne dira pas le contraire. « Les Français ne semblent pas encore prêts à faire 11 heures de vol pour venir découvrir le pays, déplore l’opératrice. Il faut dire que les tarifs ont augmenté de 30 %, alors beaucoup de voyageurs hésitent. »

A l’office du tourisme de Tunisie, par contre, on a le sourire. « Certains avaient des avoirs après des annulations, d’autres s’intéressent à la destination car ce n’est pas très loin, il y a un bon climat, 1.300 km de côte…, vante Adel El Hor, le commercial présent au Salon du tourisme. On a fait une très bonne saison 2022, on espère que celle-ci sera encore meilleure. »