US Open : « Une partie de moi est très triste », reconnaît Novak Djokovic après son Grand Chelem raté

Une grande tristesse, bien sûr. Novak Djokovic sait qu’il est passé à côté d’un grand moment d’histoire, dimanche, en s’inclinant en finale de l’US Open contre Daniil Medvedev. Une défaite qui le prive du Grand Chelem calendaire, mais pas du sentiment « merveilleux » d’avoir gagné le cœur du public. Après la rencontre, le Serbe était partagé entre ces deux sentiments.

Quelles émotions vous ont traversé vers la fin du match et après ?

Elles étaient multiples. A la fin c’était du soulagement, j’étais content que ce soit fini parce que la préparation du tournoi et tout ce que j’ai dû gérer mentalement et émotionnellement au cours des deux dernières semaines, c’était beaucoup. En même temps, j’ai ressenti de la tristesse, de la déception, mais aussi de la gratitude pour le public et pour ce moment particulier qui m’a été réservé. Bien sûr, une partie de moi est très triste. C’est difficile à avaler, cette défaite, quand on sait tout ce qui était en jeu. Mais d’un autre côté, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti de ma vie ici à New York. Le public m’a fait me sentir très spécial. Je ne dirais pas que je m’attendais à rien, mais la quantité de soutien, d’énergie et d’amour que j’ai reçu des spectateurs… C’est quelque chose dont je me souviendrai pour toujours. C’est la raison pour laquelle, au moment du dernier changement de côté j’ai juste pleuré. L’émotion était si forte. C’est aussi fort que de gagner 21 tournois du Grand Chelem. C’est ce que j’ai ressenti, en toute honnêteté. Ils ont touché mon cœur. C’est le genre de moment que nous chérissons. Oui, c’était juste merveilleux.

En finale de Roland-Garros, alors que Stefanos Tsitspas menait deux sets à zéro, vous aviez dit avoir pensé que si vous réussissiez le break, vous pourriez gagner le match. Avez-vous eu cet espoir aujourd’hui ?

C’était différent parce que mes sensations sur le court n’étaient pas aussi bonnes qu’à Paris. Je manquais d’énergie. Il y a eu une opportunité avant, au début de la seconde manche. J’ai des balles de break, j’étais très proche. Qui sait ce que serait devenu le match ? Avec le soutien des fans, je me serais senti probablement différent. Mais Daniil a été incroyable. Tout le mérite lui en revient. Il a été le meilleur, mentalement, dans son approche du match, dans son jeu. Il a mérité de gagner. Quant à moi, je sais que j’aurais pu et dû faire mieux. Mais c’est le sport.

Alexander Zverev, médaillé d’or à Tokyo, Medvedev désormais sacré en Majeur, pensez-vous qu’une période de transition s’ouvre au sommet du tennis ?

Cela a déjà commencé, avec la victoire de Dominic Thiem l’année dernière. La transition est inévitable. Les anciens s’accrochent encore. Nous essayons toujours de faire briller la lumière sur le monde du tennis autant que nous le pouvons. Mais cette génération n’est pas nouvelle, elle est actuelle. Ils vont prendre la relève et je pense que le tennis est entre de bonnes mains, parce que ce sont tous des gars sympas et de très, très bons joueurs.

Est-ce que les précédents matchs vous ont rattrapé aujourd’hui physiquement ?

Possible. J’ai passé plus d’heures sur le court par rapport à Daniil. Mais la période était aussi très éprouvante émotionnellement, ces 5 ou 6 derniers mois, entre Roland-Garros, Wimbledon ​et les Jeux olympiques (où il a perdu en demi-finale). Tout devait s’aligner pour moi, malheureusement, je n’ai pas réussi à franchir la dernière marche. Mais je dois être fier de ce que j’ai accompli cette année, il y a quand même trois victoires en Grands Chelems et une finale. D’autres défis m’attendent. J’ai appris à surmonter ce genre de rudes défaites dans les Majeurs, celles qui font le plus mal. Je vais essayer d’en tirer des leçons, d’apprendre, d’être plus fort et de continuer à avancer. J’aime toujours ce sport et je me sens toujours bien. Tant qu’il y a cette motivation, je continuerai à courir.