Union européenne : La présidente du Bundestag appelle Paris et Berlin à relancer « le moteur de l’Europe »

Malgré les récents désaccords entre Paris et Berlin, il faut relancer l’alliance franco-allemande, « moteur de l’Europe », demande la présidente du Bundestag, chambre basse du parlement allemand, Bärbel Bas. « J’ai le grand espoir que les relations franco-allemandes trouveront un nouvel élan grâce aux célébrations dimanche du 60e anniversaire du traité de l’Élysée qui donnera lieu à la rencontre commune des deux gouvernements et des deux parlements », affirme-t-elle dans un entretien à l’AFP. « Dans nos deux pays, nous avons conscience que nous sommes le moteur de l’Europe ».

Après des mois de flottement, le président français Emmanuel Macron et Olaf Scholz sont mis au défi de relancer le tandem franco-allemand : sur le prix du gaz, le nucléaire, le Système de combat aérien futur (SCAF) ou la défense antimissile, les contentieux se sont accumulés depuis qu’Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel en décembre 2021. Mais « la force des relations franco-allemandes est de transformer les différences entre les deux pays en progrès pour l’Europe », veut croire Bärbel Bas, citant des sujets où la France et l’Allemagne pourraient développer des projets communs dans l’UE, comme l’établissement d’un salaire minimum et d’autres normes sociales.

Des célébrations à prévoir

En matière de défense, au cœur des préoccupations européennes depuis l’invasion russe de l’Ukraine fin février 2022, Bärbel Bas plaide aussi pour une forte coopération. « Nous sommes appelés, en tant qu’Européens, à faire preuve de capacité d’action internationale et à reprendre ensemble notre sécurité en main », déclare-t-elle. « Nous devons maintenir la solidarité avec l’Ukraine, apporter un soutien supplémentaire en étroite coordination avec nos partenaires et préserver l’unité de l’Europe ».

Dimanche, environ 120 députés allemands sont attendus à Paris pour les célébrations, selon le Bundestag. Ils seront accueillis par leurs homologues français sensiblement en même nombre, soit bien moins qu’il y a dix ans pour les 50 ans du Traité de l’Elysée célébrés à Berlin, où ils étaient 400. La présidente du Bundestag explique ce faible nombre par « la pandémie ». « Quand nous avons commencé à planifier l’événement, nous voulions minimiser les risques », justifie-t-elle.

« L’intérêt pour le franco-allemand n’a pas du tout diminué », selon elle. Pour célébrer en 2024 les cinq ans de l’assemblée parlementaire franco-allemande, née le 25 mars 2019, il est envisagé que le Bundestag et l’Assemblée nationale soient réunis « selon les possibilités » à nouveau dans leur ensemble, annonce-t-elle.