France

Une mère et sa fille condamnées à 15 et 20 ans de prison pour empoisonnements.

La Cour d’assises de Vendée a prononcé une sentence de quinze et vingt ans de prison contre une mère et sa fille pour avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de cette dernière. Amélie D. a reconnu avoir servi à son compagnon, Enrique B., une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d’alprazolam, un anxiolytique.


Quinze et vingt ans de prison : c’est la peine infligée par la Cour d’assises de Vendée à une mère et sa fille, pour avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de cette dernière.

La fille a également été reconnue coupable de tentative de meurtre pour avoir saboté les freins de la voiture de son compagnon, qui était partie civile lors du procès.

**Un crime « inspiré de Breaking Bad »**

Dans la matinée, l’avocate générale avait requis vingt ans de prison pour les deux accusées, âgées de 62 et 37 ans, évoquant un « projet criminel digne d’un scénario de film » et leur « volonté de tuer ».

Le premier empoisonnement remonte à 2021. Amélie D., la fille, a reconnu avoir servi à son compagnon, Enrique B., une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d’alprazolam, un anxiolytique. Carole D., la mère, a avoué avoir broyé les comprimés. Enrique B. n’a plus de souvenir de sa journée.

Par la suite, de l’aconit, une plante toxique, a été saupoudré sur un plat de chili con carne. Enrique B. se souvient avoir eu des « fourmis dans la bouche » et des frissons dès les premières bouchées. Il « croit mourir » ce jour-là. D’autres tentatives ont impliqué le ricin, dissimulé dans un paquet de tabac et dans un sachet d’olives, qu’Enrique B. n’a finalement pas consommé.

Aux enquêteurs, Amélie D. a expliqué s’être inspirée de plusieurs séries télévisées : l’aconit, elle l’a vu dans un épisode de « You », le ricin dans une scène de « Breaking Bad ». La jeune femme, qui comme sa mère a reconnu les faits, était en larmes à l’énoncé du verdict.

En couple depuis la fin des années 2010 jusqu’au début de l’enquête en 2023, Amélie D. et Enrique B. affirment tous les deux avoir subi des violences conjugales. Peintre en carrosserie, Amélie D. travaillait, selon ses dires, dans un « milieu d’hommes » provoquant une « jalousie excessive » chez son compagnon. Elle se décrit aussi comme « jalouse » et « possessive ».

Carole D. a déclaré avoir agi pour aider sa fille, afin que celle-ci soit « tranquille ». Lors du procès, les deux accusées ont décrit leur relation comme « fusionnelle ». Selon la victime, Amélie D. avait l’intention de « récupérer » leur maison achetée près de La Roche-sur-Yon. « Ça a pu apparaître dans mon esprit, mais ce n’était pas le motif principal », a affirmé Amélie D. aux enquêteurs. La cour d’assises a prononcé à son encontre un suivi socio-judiciaire de cinq ans.