Une femme réfugiée sur cinq aurait été victime de violences sexuelles après son arrivée en France

Quelque 20 % des réfugiées originaires d’Afrique subsaharienne auraient été victimes de violences sexuelles après leur arrivée en France (photo d’illustration) — Ninocare/ Pixabay

Environ 20 % des réfugiées originaires d’Afrique subsaharienne venues en France disent avoir été victimes de violences sexuelles, après leur arrivée. Les femmes ayant quitté leur pays pour fuir des violences et celles qui ont changé régulièrement d’hébergement sont les plus touchées par le phénomène, indiquent des travaux de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiés ce mercredi. Cette situation concerne particulièrement les réfugiées qui ont vécu sous le même toit qu’un partenaire sexuel.

Outre l’instabilité résidentielle, la précarité administrative constitue un facteur aggravant ces risques. « L’accès au logement et à un titre de séjour sont des conditions indispensables pour exercer le droit à vivre sans violence et sans atteinte à la santé », analysent les auteurs de l’enquête. Ils mettent également en avant l’insécurité et les difficultés d’accès aux droits rencontrées par les réfugiées comme facteurs favorisant les violences sexuelles.

« Appropriation du corps des femmes »

Parmi les 973 femmes interrogées par l’INED en 2012 et 2013 se trouvent 568 réfugiées séropositives. Un tiers d’entre elles indiquent avoir contracté le virus en France. « Les femmes infectées par le VIH après leur migration rapportent quatre fois plus souvent avoir été victimes de rapports sexuels forcés après la migration que les femmes non infectées », précise l’étude également relayée par le Huffington Post.

« La dépendance des femmes à l’égard des hommes, y compris des partenaires intimes, de leurs connaissances ou des membres de leur famille, renforce les mécanismes d’appropriation du corps des femmes », notent les responsables de l’étude. Face aux constats qu’entraînent les résultats des travaux qu’elle a dirigés, Julie Pannetier conclut que « la lutte contre les violences de genre doit prendre en compte celles subies par les femmes immigrées dans un contexte de précarité majeure » et qu’« elles doivent être reconnues et prises en charge ».

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