Un seul cyberharceleur de Hoshi bientôt jugé, la chanteuse confie sa déception

« Moi qui aime tant mon pays, je viens de perdre foi en sa justice. » La chanteuse Hoshi n’a pas mâché ses mots dans un post publié sur ses réseaux sociaux, dans lequel elle annonce qu’un internaute qui la cyberharcelait allait être bientôt jugé à Paris. Un seul. L’artiste, qui affirme avoir été la cible de « milliers de messages » en ligne, s’était dite déçue, jeudi, de ne voir comparaître qu’une seule personne devant la justice, comme l’en avait avisée son avocate.

Le parquet de Paris a précisé que d’autres personnes, mineures, ont été identifiées au cours des investigations lancées après que l’artiste de 26 ans avait déposé plainte en 2020 pour harcèlement moral « en meute », « menaces de mort et de viols », injures aggravées et provocation à la haine. En fonction du lieu de résidence de ces adolescents, il appartiendra aux parquets locaux de décider de les poursuivre ou non.

La peur de monter sur scène

Dans les dossiers de haine en ligne où des milliers de messages sont envoyés, les enquêteurs sont tributaires des opérateurs Internet à qui ils demandent la levée de l’anonymat, et sont obligés de sélectionner les messages les plus menaçants ou les messages répétés envoyés par une même personne par exemple. « Sauvez-nous tant qu’il est encore temps, n’attendez pas que ça finisse mal avant de vous intéresser aux dossiers. La justice manque sûrement de moyens mais j’ai l’impression que l’Etat la laisse mourir », implore la chanteuse. Elle confie également avoir « eu peur à chaque fois » qu’elle est « montée sur scène », peur de se « faire agresser ».

Ses ennuis commencent le 14 février 2020. Nommée dans la catégorie « révélation scène » aux Victoires de la musique, Hoshi embrasse sur scène une danseuse après avoir interprété son titre « Amour censure », qui dénonce l’homophobie. Cet acte militant place dès lors l’artiste au centre de violentes attaques homophobes sur les réseaux sociaux, dénoncées à l’époque par le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, et les associations Stop Homophobie ou Urgence Homophobie. La chanteuse avait alors porté plainte.

Par ailleurs, en 2021, Fabien Lecoeuvre, chroniqueur musical et agent d’artistes, s’en était pris à son physique sur une webradio. Hoshi avait reçu le soutien du chanteur Grand Corps Malade, qui lui avait dédié un morceau, « Des gens beaux ».