Un malade chronique sur deux témoigne de difficultés d’accès aux soins, selon une enquête

Un malade chronique sur deux témoigne de difficultés d’accès aux soins sur les douze derniers mois, selon une enquête publiée mardi par un nouveau collectif d’associations de patients, qui s’alarme de la situation de l’hôpital public.

Cette enquête flash a été menée en octobre auprès de 1.705 patients (ou aidants) et 309 soignants par Action Patients, un collectif créé en septembre et réunissant des associations de malades chroniques.

Difficultés d’accès, reports de soins et délais anormalement longs

Au sein de ce nouveau mouvement figurent une trentaine d’associations, certaines également membres du réseau d’usagers France Assos Santé, comme l’Association française des hémophiles (AFH), Transhépate et Vaincre la mucoviscidose. Des patients cancéreux, leucémiques, greffés, insuffisants rénaux, dialysés ou encore souffrant de sclérose latérale amyotrophique (SLA) sont également représentés.

Majoritairement pris en charge à l’hôpital public (à plus de 80 %), les patients ayant participé à l’étude ont, pour moitié (49 %), rencontré des difficultés d’accès aux soins sur les douze derniers mois.

Parmi les problèmes fréquemment cités figurent des difficultés à accéder à des examens diagnostiques (19 %) et aux consultations de suivi (14 %), des reports de soins (15 %) et des délais anormalement longs pour une première consultation (14 %).

Un impact sur la santé physique et psychologique

Sur plus de 300 patients ayant subi une altération de l’accès aux soins, une large majorité estime qu’elle a eu un impact sur leur santé physique (plus de 62 %) et psychologique (81 %) ou sur celle de leurs proches. Au final, 44 % des patients interrogés s’estiment assez, voire très inquiets pour la prise en charge de leur maladie.

Les soignants s’alarment plus encore : ils considèrent à plus de 85 % que la prise en charge des patients s’est dégradée au cours de l’année écoulée et à plus de 75 % que cette dégradation a occasionné des pertes de chances. Huit soignants sur dix estiment que cette dégradation est due à un « manque d’infirmiers ou autres personnels soignants », six sur dix l’imputant également à un nombre de médecins insuffisant.

« Alors que plus de 80 % des soignants considèrent que sans réforme du système de santé, la qualité et la prise en charge des patients se dégradera au point de mettre en danger » leur santé, « les pouvoirs publics continuent d’adopter des mesures d’urgence pour tenter de « tenir » d’une crise à l’autre », déplore Action Patients dans un communiqué.