France

Un député en pleurs évoque à l’Assemblée nationale « des enfances détruites » par l’inceste parental.

Le député Arnaud Bonnet a demandé mercredi à « réellement protéger » les enfants victimes d’inceste lors du vote approuvant une commission d’enquête sur le traitement judiciaire de l’inceste parental. L’Assemblée nationale a validé mercredi le principe d’une commission chargée d’évaluer « le traitement judiciaire des crimes et des agressions sexuelles incestueuses commises par les parents contre leurs enfants, depuis le signalement initial jusqu’à l’issue des procédures ».


Un élu de la Nation, en larmes. Le député Arnaud Bonnet, membre du groupe écologiste, a plaidé mercredi en faveur d’une « réelle protection » des enfants victimes d’inceste, lors du vote approuvant la création d’une commission d’enquête sur le traitement judiciaire de l’inceste parental.

En France, environ 5,5 millions de personnes rapportent avoir subi des violences sexuelles durant leur enfance, soit une personne sur dix. Ces agressions sont majoritairement perpétrées par le père, considéré comme le principal agresseur. Néanmoins, moins de 2 % des victimes obtiennent justice. De plus, les mères qui tentent de protéger leur enfant se retrouvent souvent poursuivies en justice. Nombre de ces enfants qui dénoncent leur père sont contraints de lui rendre visite.

Arnaud Bonnet a souligné dans son discours que « nous parlons ici d’enfants, d’enfants victimes d’inceste, d’enfants qui, trop souvent, n’ont pas été crus, qui continuent parfois d’être exposés à leur agresseur, avec la caution implicite des institutions censées les protéger. Nous sommes ici pour réellement protéger ces enfants. Les chiffres sont connus et restent insupportables : toutes les trois minutes, un enfant est victime de violence sexuelle. Cela représente 160.000 enfants chaque année, dont près de huit sur dix au sein même de leur famille. »

Avant de terminer son discours, en sanglots, il a ajouté : « Ce ne sont pas des faits divers isolés, ce sont des violences structurelles. Ces chiffres signifient que chacun a dans son entourage au moins un enfant ou un ancien enfant victime de violences sexuelles. »

Le député a poursuivi : « Plus grave encore, malgré l’ampleur de ces violences, la réponse judiciaire demeure dramatiquement insuffisante. Trop de classements sans suite, trop peu d’actes d’enquête, trop peu de protection immédiate, et pendant ce temps-là, des enfants continuent de voir leur agresseur, dans le cadre de droits de visite, parfois même d’hébergement. Au nom d’un lien parental abstrait, qui l’emporte sur leur sécurité. »

Le principe d’une commission chargée d’évaluer « le traitement judiciaire des crimes et des agressions sexuelles incestueuses commises par les parents contre leurs enfants, depuis le signalement initial jusqu’à l’issue des procédures » a été validé mercredi par l’Assemblée nationale. Cette commission est initiée par le député de la Guadeloupe Christian Baptiste, candidat du Parti progressiste démocratique guadeloupéen, affilié au groupe socialiste.