Twitter : Donald Trump va-t-il vraiment faire son grand retour sur le réseau social ?

« Le peuple a parlé. Trump sera rétabli. Vox Populi, Vox Dei ». Plus d’un an et demi après la fermeture du compte Twitter de Donald Trump, ce dernier a été réactivé ce week-end. Et c’est à Elon Musk que l’ancien président américain peut dire merci. Le tout nouveau patron du réseau social a lancé un sondage sur le rétablissement de son compte, samedi, qui a récolté plus de 51 % de votes favorables sur 15 millions de participants. Si la page de l’ancien locataire de la Maison-Blanche a été remise en service dans la foulée, cette décision ne signe pas forcément son retour sur la firme à l’oiseau bleu.

Retour quelques mois plus tôt. Nous sommes le 6 janvier 2021. Le Congrès américain vient de valider quelques jours auparavant l’élection de Joe Biden comme 46e président des Etats-Unis. Dans les heures qui suivent, les partisans de Donald Trump envahissent le Capitole. Deux jours plus tard, l’ancien président américain, qui ne reconnaît pas sa défaite, annonce dans un message sur Twitter qu’il ne se rendra pas à l’investiture de son concurrent, le 20 janvier. Face au « risque de nouvelles incitations à la violence », Twitter prend la décision inédite de fermer son compte de manière permanente.

Un contrat d’exclusivité avec Truth Social

Deux jours après le rétablissement du compte@realDonaldTrump, attribué au « 45e président des Etats-Unis d’Amérique », l’ancien chef d’Etat n’a pas repris ses habituels tweets frénétiques. Aucun nouveau message n’a été posté depuis samedi, le dernier affiché restant celui du 8 janvier 2021. Et l’ancien président ne semble pas vraiment déterminé à reprendre ses vieilles manies. « Je ne vois aucune raison de le faire », a-t-il répondu, samedi, interrogé sur son retour sur Twitter lors d’une visioconférence à un rassemblement républicain à Las Vegas (Nevada).

Si Donald Trump reste silencieux, c’est peut-être parce qu’il utilise désormais son propre réseau social, Truth Social. La plateforme a été lancée en février dernier après son éviction de Twitter et la suspension de ses comptes Facebook pour une durée de deux ans. Samedi, alors que les résultats du sondage d’Elon Musk basculaient déjà en sa faveur, il a posté un message sur sa plateforme, présentée comme une « alternative conservatrice ou républicaine à Twitter » : « Nous n’allons nulle part. Truth Social est spéciale », a-t-il écrit à ses partisans.

Mais avec 4,48 millions d’abonnés sur Truth Social – contre 87 millions sur Twitter –, son « alternative » est bien loin de lui offrir la même visibilité. Pourtant, l’homme est déjà entré en campagne pour la présidentielle américaine de 2024. Alors pourquoi Donald Trump ne fait-il pas son grand retour ? Selon le New York Times, l’ancien président détient un contrat d’exclusivité avec Truth Social. Il doit rendre ses messages disponibles exclusivement sur ce réseau social pendant six heures, avant de pouvoir les partager sur d’autres sites.

Un compte vraiment certifié ?

Au-delà du retour de Donald Trump, c’est l’authenticité même de son compte qui est remise en cause. Si la fameuse pastille bleue, censée garantir qu’il a été vérifié, est réapparue à côté de son nom, impossible de savoir réellement qu’il s’agit de son vrai compte. Depuis son rachat par Elon Musk, Twitter fait face à de nombreux problèmes d’usurpation d’identité et de modération de comptes.

Début novembre, le nouveau PDG a lancé « Twitter Blue », un nouvel abonnement à huit dollars par mois permettant de faire certifier son compte, quelle que soit sa notoriété. Mais l’offre a rapidement créé la zizanie et a entraîné la création de milliers de faux comptes. Parmi ces usurpations d’identité se trouvent des personnalités comme Georges W.Bush, Joe Biden, LeBron James ou même Elon Musk, lui-même. D’autant plus que le réseau social n’a plus de service de communication, Elon Musk ayant licencié la moitié des effectifs de la firme californienne.

Dimanche, le nombre d’abonnés au compte de Donald Trump a fortement augmenté jusqu’à atteindre 83 millions vers 15h30 GMT, selon l’AFP, mais il est impossible de savoir combien sont des humains et combien des « bots », des comptes automatisés. Par ailleurs, le compte attribué à l’ancien président renvoie désormais vers un site proposant de contribuer financièrement à la campagne tout juste lancée par Donald Trump pour 2024. Là aussi, difficile de savoir comment ce lien a été mis en place, et par qui.