Trois hommes soupçonnés d’animer «la plus importante plateforme du darknet francophone» mis en examen

Le navigateur Tor est utilisé pour naviguer dans le darknet. — M.Libert / 20 Minutes

Après le démantèlement de « la plus importante plateforme du darknet francophone », trois hommes suspectés d’en être les animateurs ont été mis en examen dimanche dans l’enquête visant le forum French Deep Web-Market, carrefour de la vente illégale de drogues, d’armes et de faux papiers, a annoncé le parquet de Paris.

Fruit d’une « vaste enquête », ce coup de filet, mené dans la nuit de mercredi à jeudi, le deuxième depuis un an, « a eu pour effet de mettre hors ligne une grande majorité des places de marché illicites du darknet français », a affirmé le parquet dans un communiqué.

L’opération qui a permis des interpellations en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en Nouvelle Aquitaine et en Normandie, visait le « French Deep Web-Market », considéré par les enquêteurs spécialisés comme « la plus importante plateforme du darknet francophone », selon le parquet. Trois hommes âgés de 44, 32 et 23 ans avaient alors été placés en garde à vue, « soupçonnés d’en être les animateurs techniques ».

« 6.000 utilisateurs et 750 vendeurs »

Ciblé depuis 2018 par les enquêteurs, ce forum du darknet – partie cachée d’internet – permettait de mettre en relation près de « 6.000 utilisateurs et 750 vendeurs de drogues, d’armes, de faux papiers, de coordonnées bancaires et d’outils de piratage informatique », a-t-il précisé.

Présentés dimanche à un juge d’instruction, les trois suspects ont été mis en examen pour complicité de trafic de stupéfiants, de vente et d’achat d’armes de guerres et de munitions en réunion, d’escroquerie et de fourniture de faux documents administratifs. Ils se voient également reprocher des infractions douanières et les infractions de « mise à disposition d’équipements spécialement conçus pour commettre des atteintes à des systèmes de traitement automatisé de données (STAD) et d’« entente formé en vue de commettre des atteintes aux STAD ».

Le parquet de Paris a requis le placement en détention provisoire pour deux des trois suspects. Les débats se sont poursuivis jusque tard dimanche devant le juge des libertés et de la détention (JLD). L’un d’eux a été incarcéré provisoirement dans l’attente d’un débat différé devant le JLD qui devra statuer sur son maintien en détention. La situation de l’autre suspect n’était pas connue en fin de soirée.

Les investigations ont d’abord été conduites par la cyberdouane de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), puis par la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sous l’autorité du parquet de Paris au titre de sa compétence nationale en matière de lutte contre la cybercriminalité.

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