Trois dépôts pétroliers encore bloqués par des professionnels du BTP dans l’Ouest

Un blocage, ici à Brest, dans le Finistère. — FRED TANNEAU / AFP

A une semaine du mouvement national contre la réforme des retraites, des professionnels du BTP de l’Ouest bloquaient vendredi des dépôts pétroliers pour défendre leur avantage fiscal sur le gazole, emboitant le pas aux routiers mobilisés contre la hausse du carburant. Les dépôts pétroliers de Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes, de Lorient et de Brest étaient toujours bloqués vendredi en fin d’après-midi, selon les préfectures concernées. Celui du Mans est bloqué depuis jeudi après-midi, les autres l’ont été dans la nuit par quelques dizaines de personnes.

La quinzaine de personnes d’organisations du bâtiment (CAPEB, CNAPT) qui bloquaient le dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle depuis 23h00 jeudi ont levé le camp vendredi vers 16h30, a indiqué la préfecture. Ce déblocage a été obtenu « par le dialogue », d’après la même source, le directeur de cabinet du préfet étant allé échanger avec les protestataires sur place et s’étant engagé à faire remonter leurs doléances au niveau national.

Déjà une tentative de suppression en 2018

« La fin du gazole non routier (GNR) va nous coûter 10 % d’impôts supplémentaires sur notre chiffre d’affaires, c’est intenable », a déclaré Nobert Guillou, patron d’entreprise de travaux publics et président du syndicat professionnel CNATP du Morbihan, devant le dépôt de Lorient. « On ne bougera pas tant que le gouvernement ne cédera pas. Ils nous prennent pour des imbéciles, donc on est déterminés. On restera une semaine minimum », a-t-il assuré.

Les professionnels des travaux publics dénoncent la suppression progressive de la niche fiscale sur le gazole non routier prévu dans le projet de loi de finances pour 2020. Le gouvernement avait déjà tenté de la supprimer fin 2018, avant de faire machine arrière. A Vern-sur-Seiche, les manifestants ont pendu un mannequin avec un casque de chantier au sommet d’une pelle de chantier. Jean-Marc Pelatre, chef d’entreprise de travaux publics, a promis de tenir « bon jusqu’au bout ».

Pas de risque de pénurie

« Le GNR est une niche fiscale ? Non, c’est l’énergie de notre outil de travail », pouvait-on lire sur une banderole au Mans. Les manifestants envisagent une poursuite jusqu’à la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites.

Jeudi matin, des dizaines de routiers avaient déjà participé à deux barrages filtrants sur l’autoroute à la frontière belge, à l’appel de la FNTR du Pas-de-Calais et de l’OTRE Hauts-de-France, pour protester contre le projet de hausse de 2 centimes d’une taxe sur le gazole. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a appelé ses adhérents à « exprimer dans la rue la légitime colère de la profession », sans toutefois être suivie par les deux principales organisations du secteur, la FNTR et TLF.

L’approvisionnement des stations-service n’est pour l’instant pas menacé. Dans le Finistère, la préfecture a indiqué que les stocks de produits pétroliers étaient « très bons », invitant les automobilistes à « ne pas tomber dans la psychose ». « Il n’y a pas d’inquiétude particulière sur l’approvisionnement de notre réseau », a abondé un porte-parole de Total.

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