Triple meurtre à Angers : le suspect condamné à perpétuité
La cour d’assises du Maine-et-Loire a condamné Al Khawad Al Zine Sulaymane, 36 ans, à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois jeunes hommes à Angers dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022. Le procès s’était tenu une première fois en octobre 2025 avant d’être renvoyé en raison d’une erreur de procédure liée à un document mentionnant par avance une condamnation à perpétuité.
Le verdict a été rendu. La cour d’assises du Maine-et-Loire a condamné Al Khawad Al Zine Sulaymane, âgé de 36 ans, à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois jeunes hommes à Angers durant la nuit du 15 au 16 juillet 2022. Cette peine est assortie d’une période de sûreté de 22 ans, la juridiction ayant reconnu une altération du discernement sans conséquence sur la durée de la peine.
L’avocate générale avait demandé la sanction maximale, jugeant que l’accusé avait « littéralement exécuté ces trois jeunes gens et tenté d’en tuer trois autres » de manière « préméditée ». Dans le box, l’homme est resté impassible lors du verdict. Avant les délibérations, il avait déclaré : « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Je ne me le pardonnerai jamais, Dieu ne me le pardonnera jamais. »
Les événements se sont déroulés lors d’une soirée estivale sur une esplanade au bord de la Maine à Angers. Étant fortement alcoolisé, l’accusé avait d’abord harcelé des passants et agressé sexuellement des jeunes filles, ce qui avait déclenché une altercation avec plusieurs jeunes hommes venus s’interposer. Malgré l’appel des secours, aucune interpellation n’avait eu lieu, une situation que l’avocate générale a déplorée, affirmant que « l’on n’a pas besoin d’une plainte pour interpeller un individu ».
Environ une heure après ces premiers incidents, l’homme était revenu sur les lieux muni d’un couteau de 20 centimètres. Il avait alors porté des coups mortels à trois victimes, âgées de 16, 18 et 20 ans. « Il n’y a que des zones vitales qui ont été touchées. Ces victimes se sont vidées de leur sang en quelques instants », a-t-elle précisé, qualifiant cela de « logique guerrière ».
Un premier procès s’est déroulé en octobre 2025, mais a été reporté pour des raisons exceptionnelles, en raison d’une erreur de procédure concernant un document mentionnant prématurément une condamnation à perpétuité. Lors de l’audience, la défense avait mis en avant les troubles psychiques de l’accusé ainsi qu’un parcours marqué par des violences, son avocat évoquant « un nombre incalculable de chocs » vécus dès l’enfance.
Arrivé en France en 2016 après un séjour en Libye et en Italie, où il prétend avoir échappé à plusieurs attaques, l’accusé avait obtenu le statut de réfugié en 2018, avant que celui-ci ne soit retiré. Malgré les éléments présentés concernant son état mental, la cour a décidé d’appliquer la peine la plus sévère prévue par la loi.

