Traversée de l’Atlantique à la rame : Que sait-on de la disparition en mer de Jean-Jacques Savin ?

« Nous sommes atterrés », avoue ce lundi l’un des proches de Jean-Jacques Savin à 20 Minutes face aux approximations des autorités portugaises au sujet de la disparition de l’aventurier. Ces dernières ont démenti dimanche soir avoir découvert le corps du septuagénaire dans son canot après avoir affirmé le contraire 24 heures plus tôt à la famille du navigateur originaire d’Arès en Gironde. Il existerait donc encore un espoir à ce stade, même s’il reste extrêmement mince.

Jean-Jacques Savin, 75 ans, avait quitté Sagres au sud du Portugal le 1er janvier pour tenter de traverser l’Atlantique à la rame après l’avoir déjà fait en tonneau en 2019. Mais très rapidement, il avait été dérouté en raison de mauvais vents avec un parcours initial rallongé de 900 kilomètres. La semaine dernière, il faisait face à de graves problèmes d’énergie et de communication selon ses derniers échanges avec ses proches.

Que sait-on du naufrage ?

Le navigateur n’a plus donné de nouvelles depuis vendredi à 0h34. Il se trouvait alors au large de Madère et faisait route vers la petite île de Ponta Delgada, dans l’archipel des Açores, pour réparer son canot L’Audacieux. Selon son équipe, il venait de déclencher ses deux balises de détresse et d’indiquer être « en grande difficulté ».

Le bateau de Jean-Jacques Savin a été retrouvé à l'envers.
Le bateau de Jean-Jacques Savin a été retrouvé à l’envers. – Handout / Portuguese Navy / AFP

Depuis, son embarcation a été retrouvée, retournée, comme en témoigne une photo diffusée par la marine portugaise, et un sac imperméable qui contenait les documents d’identification du navigateur a été découvert par un navire marchand.

Pourquoi tant de confusion autour de la découverte du corps ?

Le plus grand flou règne autour du corps de Jean-Jacques Savin. Samedi, les autorités portugaises en charge de l’enquête ont indiqué à ses proches lors d’une conversation téléphonique que celui-ci avait été découvert à l’intérieur de l’embarcation, explique Xavier Daney, le maire d’Arès. Une version finalement démentie dimanche soir par la marine portugaise auprès de l’AFP : « Les recherches se sont terminées hier en fin de journée (samedi) sans qu’il ait été possible de retrouver la victime », a-t-elle indiqué. Tout en précisant qu’au cours de l’opération de sauvetage les secouristes avaient eu « des raisons fortes de croire qu’un corps pouvait se trouver à l’intérieur ».

Problème, l’entourage du navigateur n’a eu de son côté aucune nouvelle communication officielle depuis samedi. « La famille est complètement perdue. C’est terrible notamment pour sa fille. Elle s’apprêtait même à partir là-bas pour rapatrier le corps de son père », déplore l’édile.

Que disent l’équipe du navigateur et les autorités françaises ?

« Il y a eu des confusions que nous cherchons actuellement à éclaircir. Nous n’en savons pas plus. Nous sommes en attente d’informations », a indiqué dans un premier temps son entourage. Mais la colère monte ces dernières heures.

Pour tenter de faire bouger les choses, Xavier Daney a pris ce lundi contact à la première heure avec la préfecture de la Gironde afin d’obtenir des éclaircissements le plus rapidement possible. Celle-ci affirme simplement à 20 Minutes se tenir au courant de la situation via son conseiller diplomatique et l’ambassade de France à Lisbonne mais sans en savoir beaucoup plus. Par exemple, on ne sait pas si de nouvelles recherches sont prévues dans les prochaines heures pour retrouver Jean-Jacques Savin.