Traversée de la Manche en Flyboard: «Moi, je n’invente rien, je supporte», sourit Krystel Zapata, l’épouse de Franky

Franky Zapata, sa femme Krystel et leur fils. — D. Charlet / AFP

  • Franky Zapata a toujours été un inventeur, selon son épouse Krystel, qui le suit au quotidien.
  • Le pilote, qui va tenter de traverser la Manche en Flyboard Air « n’est pas une tête brûlée », selon elle.

Dans Tintin, le professeur Tournesol n’est pas marié. Les inventeurs fous ne sont pas les meilleurs partis. Mais Franky Zapata n’est pas un inventeur fou. C’est ce que nous explique sa femme Krystel, qui a répondu à nos questions à quelques jours d’une seconde tentative : ce dimanche, le pilote/inventeur/sportif va tenter de traverser la Manche sur son Flyboard Air, sorte de planche volante, équipée de puissants turboréacteurs.

Quel est votre état d’esprit avant cette nouvelle tentative ?

Nous sommes encore dans le rush : il faut finir la machine à temps, car il a fallu la refaire en entier après sa chute. C’est assez stressant, c’est beaucoup de boulot. On est fatigués, on fait de grosses journées, mais on reste positifs : on va y arriver, cette fois !

Vous êtes optimistes, donc ?

Très optimistes ! Ça a été un coup de pas de chance que ça ne marche pas la première fois. C’est un détail : le bateau est parti sur une mauvaise vague, ça a touché Franky et ça l’a déséquilibré. On a cette fois un plus grand bateau, qui bougera moins avec les vagues !

Quel est votre rôle dans cette tentative ?

Je ne gère pas du tout la mécanique : je m’occupe de tout ce qui est organisation. Les bateaux, les hélicos, je manage toutes les personnes avec qui on travaille sur cet évènement, côté anglais et côté français.

Comment vivez-vous les tentatives ? Quel est votre état d’esprit quand il est en vol ?

Je suis stressée, évidemment ! C’est compliqué de le voir partir : très vite, on ne le voit plus, on ne sait pas si ça va ni où il en est. C’est ça qui est compliqué. J’ai un point de contact avec le bateau, on a des hélicos, mais on ne voit pas la tentative en direct. Je me suis habitué, à force, avec tous les évènements qu’il fait. Mais je suis toujours contente quand il atterrit !

Franky raconte souvent en interview que vous étiez très en colère quand il a perdu des doigts lors du premier essai du Flyboard…

(Rires) C’est vrai ! Ça m’a fait très peur, je lui ai dit : « Je ne veux plus jamais que tu montes là-dessus ! » Il a attendu que ça me passe, pour repartir de plus belle après. Bon, ce n’est plus la même machine, j’ai vu toutes les étapes sur la nouvelle machine, ça m’a donné confiance. Maintenant, ça va mieux !

Il a dû négocier avec vous ?

Pas vraiment : je savais qu’il finirait par repartir ! Mais il a pris plus de temps, il a mieux réfléchi à tout ce qui s’était passé. Cet échec lui a permis de prendre du recul, de bien mesurer les risques, pour pouvoir progresser.

Est-ce qu’on peut dire de lui que c’est un peu une tête brûlée ?

Non, ce n’est pas du tout une tête brûlée ! C’est toujours réfléchi… On a un enfant, on n’est pas là pour prendre des risques et se dire qu’on risque de mourir à chaque fois qu’on monte sur la machine.

Avez-vous parfois envie qu’il arrête, ou en tout cas qu’il se calme un peu ?

Non… Mais on va quand même partir en vacances après cette tentative ! (rires) Là, on est super concentrés sur l’évènement, mais sinon, il ne fait pas que ça quand même : il s’entraîne à peu près une fois par semaine. Ça reste raisonnable. Ça nous plaît, c’est un métier cool. On travaille ensemble depuis 17 ans et on s’éclate tous les deux… Donc il faut continuer !

Il a toujours été inventeur ?

Toujours, oui ! A l’époque où je l’ai rencontré, en 2001, c’était les jet-skis [Franky Zapata était pilote professionnel]. Il trafiquait les engins, inventait des systèmes pour rendre le pilotage plus facile, avec de l’air ou des bouteilles de Paintball : il voulait toujours améliorer ce qu’il avait ! On a eu des titres grâce à ça, c’est pour ça qu’il gagnait : il avait des jets différents des autres. Son truc, c’est la mécanique. Il était déjà comme ça quand il était enfant : sa mère raconte que dès qu’il avait un jeu en cadeau, il le démontait pour savoir comment ça fonctionnait.

Quel impact cette passion a sur la vie de la famille ?

Notre fils est super fan. Il veut faire inventeur, comme papa. Il fabrique déjà des petites choses, invente ses propres jeux, avec des ressorts, des crayons… Mais c’est vrai que pour son père, c’est tout le temps, il n’arrête jamais… Les génies ont ce côté fantasque. Franky est tout le temps en train de réfléchir à ses inventions !

Et vous ?

Moi, je n’invente rien ! Je supporte !

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