Traversée de la Manche en Flyboard: Franky Zapata ? « Un fou volant, ça fait partie de l’Histoire »

Vers l’infini, et au-delà — Pierre Cloix

  • Franky Zapata a réussi à traverser la Manche à bord de son Flyboard 
  • La dernière tentative s’était soldée par une chute 
  • De nombreuses personnes émerveillées avaient fait le déplacement à Sangatte 

De notre envoyé spécial à Sangatte,

C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Franky Zapata ! N’en déplaise à Superman, le héros du jour ne vient pas de Krypton mais de Marseille, et il vient tout juste de marquer ce jour d’une pierre blanche dans l’Histoire de l’aéronautique. Seul, à bord d’une machine qu’il a lui-même construite, il a traversé la Manche.

Et il fallait se lever tôt pour assister au départ en bonne place. Dès 7 heures du matin, on comptait facilement 200 personnes aux abords de l’Aire du Sémaphore. Toutes prêtes à crier leurs encouragements à « l’Homme-oiseau ». Car si la précédente tentative s’était soldée par un échec, cela n’a en rien entamé l’enthousiasme des spectateurs, venus parfois de l’autre bout de la France.

Aux alentours de 8 heures, tout s’est accéléré : Franky Zapata s’étire, saute sur place, se met en situation. Il sait que l’exploit (ou la désillusion) est proche. Devant la mer clémente, le public, après avoir scandé des «Vas-y Franky, c’est bon!», se plonge dans un silence solennel.

Dans les ailes de Blériot

Et puis c’est enfin le grand moment. L’inventeur met son casque, met son sac plein de carburant dans son dos et place ses pieds sur son terrible engin. Krystel Zapata, sa femme, attache les dernières sangles et laisse son mari à son destin. Dans un bruit de réacteur qu’ Iron Man lui-même n’aurait pas renié, Franky s’élève dans les airs, passe au-dessus de la dune, et disparaît au loin.

Le silence laisse place aux applaudissements et aux regards émerveillés. Et les réactions ne se font pas attendre. Lucienne, originaire de Calais, était déjà là la semaine dernière : « Ce qu’il fait, c’est quelque chose de complètement nouveau. C’est un symbole. Il est en train d’ouvrir une page vers le futur. On entre dans une aire nouvelle et je suis contente d’être là pour y assister. » Tout autour, des parallèles avec la première traversée en avion de la Manche par Louis Blériot se font entendre. Nombreux sont ceux qui pensent que ce jour sera aussi historique que le 25 juillet 1909.

Il l’a fait

Bruno, Haut-Savoyard en vacances dans la région s’est levé à 3h30 pour assister à l’exploit : « On n’aurait pas pu louper ça, c’est un précurseur. On voyait ça dans les dessins animés et là, c’est réel. J’imagine ce qu’il a dû ressentir la première fois qu’il a décollé sur son Flyboard, ça devait être exceptionnel. »

Sans aucun doute. Mais l’exploit n’est pas encore là. Le calme est revenu rapidement et on peut lire l’inquiétude sur les traits de Krystel Zapata, à proximité de la plateforme de décollage. Car le moment de « faire le plein » est arrivé pour Franky et celui-ci est décisif : C’est là que l’inventeur était tombé à l’eau, une semaine plus tôt, mettant un terme aux espoirs de traversées. Les appels se multiplient sur le téléphone de la Marseillaise et la rumeur se répand: Franky a atterri sans encombres et s’apprête à repartir : « Normalement, ça devrait aller maintenant », expire avec soulagement la femme de l’inventeur, devant une horde de journalistes. Le plus dur est fait et 8 minutes seulement séparent Zapata des côtes britanniques. Puis cinq. Puis deux. Et, enfin, ça y est c’est confirmé : Franky a réussi son défi, son exploit. La foule explose de joie tandis que l’on peut entendre Krystel demander à son enfant s’il a vu arriver son père à la télévision : « Tu es content mon amour ? » On n’entendra pas la réponse, bien que l’on se doute de la teneur de celle-ci.

« Ça veut dire qu’on peut voler »

Arthur, 9 ans (bientôt 10, il a tenu à le préciser), a des étoiles plein les yeux. Venu des Ardennes avec ses grands-parents, le garçon fait un constat simple mais qui veut dire beaucoup : « Ça veut dire qu’on peut voler », dit-il. Avant d’ajouter que cela ne le dérangerait pas d’être le prochain à s’élever dans les cieux, si un jour l’occasion se présente. Un peu plus loin, Annik et Pascaline sont certes plus âgées qu’Arthur, mais leur sentiment est le même : « On voit tout ça avec des yeux d’enfants… C’est un fou volant, il fait partie de l’ Histoire ! Il faut des utopistes comme lui pour faire avancer les choses. Il y a des gens qui détruisent, lui, il construit. » Impossible de ne pas acquiescer car, aujourd’hui, Franky Zapara a très certainement bâti sa légende.

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VIDEO. Traversée de la Manche en Flyboard: De l’espoir à la désillusion, on a assisté à la tentative (ratée) de Franky Zapata

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Traversée de la Manche en Flyboard: Doigts arrachés, voiture volante et «bonne étoile»… Le destin fou de Franky Zapata

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