Trail : Le Britannique Andy Symonds renonce aux Mondiaux en Thaïlande pour éviter d’aggraver son bilan carbone

Il y a deux ans, le triple vainqueur de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) Xavier Thévenard annonçait ne plus vouloir prendre l’avion par « conviction écologique ». Un autre traileur de haut niveau, le Britannique Andy Symonds, vient de se distinguer mardi par une décision en faveur de la préservation de la planète. L’athlète de 41 ans, notamment vainqueur du Lavaredo Ultra-Trail en Italie (119 km) en 2016, et auteur de solides performances sur les 171 km de l’UTMB (5e en 2019, 11e le mois dernier), renonce en effet à participer aux championnats du monde de trail, programmés du 1er au 7 novembre en Thaïlande.

La raison à son refus d’honorer une nouvelle sélection dans l’équipe britannique ? « Mon empreinte carbone pour 2022 sera d’environ 6,3 tonnes équivalent CO2, ce qui est déjà trop, explique-t-il sur un post Instagram. Afin de limiter l’augmentation de la température mondiale, nous devons viser 2 tonnes chacun. Ce sont les quelques courses que j’ai faites loin de chez moi qui ont le plus contribué à mes émissions personnelles, notamment à cause de l’avion. »

« Je ne peux pas justifier d’ajouter 4 tonnes à mon empreinte carbone »

Transparent, Andy Symonds présente au passage son diagramme d’empreinte carbone pour l’année 2022. Ses voyages représentent ainsi un tiers de son très lourd bilan, soit trois fois plus que les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

« Il n’y a pas grand-chose que j’aime plus que de courir en portant les couleurs de la Grande-Bretagne, confie le traileur. Cependant, cette année, les Mondiaux se déroulent en Thaïlande et je ne peux pas justifier d’ajouter 4 tonnes supplémentaires à mon empreinte carbone. Il me semble particulièrement incohérent d’essayer de prendre une position publique en faveur d’un mode de vie durable, puis de sauter dans un avion pour la Thaïlande pour une seule course de 8 heures. » Pour un sportif de haut niveau vivant en Europe, ça serait presque aussi incohérent que de programmer un stage de deux jours au Qatar. Oh wait