Trail : « J’ai découvert légumes et apéro contrôlé »… La « métamorphose » de Yoann Stuck, de fêtard à coureur de haut vol

Yoann Stuck a lancé sa marque de vêtements Iamwoodstuck. — Delphine2lyon

  • En 2010, Yoann Stuck tourne à la pizza, à la cigarette et au whisky-coca lorsqu’il se décide à aller courir pour la première fois de sa vie.
  • En une année, ce Lyonnais perd 20 kg et devient accro au trail.
  • Dix années plus tard, le traileur de 37 ans raconte son parcours à 20 Minutes, entre courses de haut niveau et lancement de sa marque de vêtements responsable Iamwoodstuck.

« Je vais fêter mes dix ans », se marre Yoann Stuck. A savoir les dix ans d’un drôle de bouleversement de vie pour ce traileur lyonnais qui affiche notamment à son palmarès une deuxième place à deux reprises sur l’EcoTrail de Paris (80 km) et une médaille d’argent sur la 6000 D (65 km, Savoie). « En 2010, je pesais 95 kg, je fumais 30 cigarettes par jour depuis 11 ans et j’enchaînais les pintes de whisky-coca en soirée, raconte le barbu, qui vivait alors près d’Avignon. Et comme je bossais les soirs chez un pizzaïolo, je tournais à minimum une pizza par jour. »

Sans vraiment se souvenir pourquoi, il tente de ne pas fumer un matin d’août 2010. « Comme je tiens à ne pas dépasser le quintal en arrêtant la clope, je prends une paire de sneakers, un short de foot et hop, je pars courir une vingtaine de minutes », indique-t-il. Les premiers pas dans une aventure totalement inattendue pour celui qui déménage dans la foulée à Lyon afin d’y rejoindre sa copine.

« Je ne connaissais même pas la distance d’un marathon »

« A l’époque, je ne connaissais même pas la distance d’un marathon, sourit-il. Je courais une trentaine de minutes deux ou trois fois par semaine. Le running m’a permis de découvrir Lyon et ses traboules. » Licencié en loisirs à l’Ascul Lyon Métropole, Yoann Stuck (37 ans) atteint son objectif dès la première course de sa vie, sur le Run in Lyon. A savoir passer, à une seconde près, sous la barre des 45 minutes sur le 10 km.

Avant de rejoindre le magasin de running Spode, il travaille pendant trois ans sur les marchés de la région lyonnaise. « C’est à cette période que j’ai à la fois découvert les légumes et l’apéro contrôlé. » La formule gagnante pour se « métamorphoser » en perdant « 20 kilos en un an ».

« La larme à l’œil » sur son premier Marathon du Mont-Blanc

S’orientant vite vers la nature et le trail dans l’Ouest lyonnais, il augmente peu à peu sa fréquence d’entraînement et ses distances, s’inscrivant sur des courses de 15 km mais aussi sur des semis. Ses premières victoires en 2013 sur la Val’Lyonnaise (26 km) de Vaugneray, puis sur Jogg’îles (30 km) au Grand Parc de Miribel-Jonage lui servent de nouveaux déclics. Mais pas autant que sa première participation, l’année suivante, au Marathon du Mont-Blanc à Chamonix (Haute-Savoie).

« Ça a été la véritable révélation dans ma vie de traileur, entre la grosse ambiance et la beauté du paysage. En courant entouré de la chaîne du Mont-Blanc dégagée, j’ai eu la larme à l’œil. » Sponsorisé depuis son succès sur le trail des Cabornis dans les Monts d’Or (42 km) en 2015, Yoann Stuck en profite depuis pour voyager grâce à sa passion. Brésil, Hong Kong, ou Arabie Saoudite la semaine dernière, mais aussi SaintéLyon (76 km), CCC (100 km) et Marathon des Sables (260 km en six jours) l’été prochain, l’ancien fêtard avignonnais, désormais papa d’une fillette de 5 ans, enchaîne les courses mythiques (une dizaine par an).

« Comme quoi il n’est jamais trop tard… »

Très présent sur les réseaux sociaux, il tente de « donner un coup de pouce » à des coureurs en herbe grâce à son histoire atypique. « Ça m’a longtemps semblé improbable de courir de telles distances, d’autant que je n’avais aucune base d’athlétisme ou d’un autre sport d’endurance. Je jouais seulement un peu au foot, et encore je zappais souvent les entraînements. Comme quoi il n’est jamais trop tard… »

Cet accro au rock (de Peal Jam aux Red Hot Chili Peppers) tourne désormais chaque semaine à 100 voire 150 km de course, et jusqu’à 6.000 m de dénivelé positif, ainsi que trois heures de vélo en moyenne. Le reste du temps, il se consacre avec sa compagne à sa marque de vêtements éco-responsable Iamwoodstuck. L’occasion pour lui d’afficher ses nouvelles devises : « Rock’n run », « Outdoor geeks » ou « Running is not a crime ». Qu’il semble loin le temps du combo pizza-whisky-clopes.

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