« Tout Sexplique » : La femme excisée, « un corps utilitaire pour faire des enfants », dénonce Halimata Fofana

Environ 120.000 filles et femmes pourraient avoir été excisées en France, et plus de 200 millions de femmes dans le monde, notamment sur le continent africain et en Indonésie. Halimata Fofana, autrice française d’origine sénégalaise, a été excisée à l’âge de cinq ans. Conférencière, coréalisatrice d’un documentaire sur l’excision, elle vient de publier A l’ombre de la cité Rimbaud, aux éditions du Rocher (16,90 euros). Dans ce roman qui emprunte au récit autobiographique, on découvre Maya, originaire du Mali, qui vit avec sa famille en banlieue parisienne. Lors d’un voyage à Bamako, à six ans, elle est victime d’une excision voulue par sa famille. Une « trahison », un « acte atroce » qui marquent durablement l’enfant, puis la jeune femme, qui réussira à survivre au traumatisme et à se reconstruire.

« Le corps de la femme est au service de la communauté »

Les Nations Unies définissent ces mutilations génitales féminines (MGF) comme « l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales ». Pour l’excision, il s’agit d’une ablation partielle ou totale des petites et grandes lèvres et du clitoris. Dans le cas de l’infibulation, il y a une suture des lèvres. Le but de ces violences est de contrôler le corps des femmes, et leurs conséquences peuvent être très importantes : décès, hémorragies, douleurs, infections, incontinence, difficultés à l’accouchement, en plus du traumatisme psychologique. 

Dans cet épisode de notre rendez-vous Tout Sexplique, nous évoquons ces mutilations sexuelles et les leviers du changement pour mettre fin à ces violences faites aux femmes, qui passent notamment par la sensibilisation des mères. Car le silence sur ce tabou se perpétue, tue, entraîne de nombreuses difficultés pour les femmes qui en sont victimes.

Sensibiliser les mères

En France, l’excision est interdite et est passible de 10 ans d’emprisonnement, et de 150.000 euros d’amende, et 20 ans lorsque l’infraction est commise sur un mineur de 15 ans par un ascendant. Les périodes de vacances scolaires en France sont à risque pour les filles, car nombreuses sont celles qui vont dans le pays le pays d’origine de leurs parents et risquer de subir une excision.

Pourquoi mutiler le sexe des femmes ? « Le corps de la femme est au service de la communauté, répond notamment Halimata Fofana dans cet entretien. Le problème n’est pas qu’elle jouisse. On s’en moque royalement. Le plus important, c’est qu’elle fasse des enfants. Donc elle n’a pas besoin de clitoris pour faire des enfants. » Ecoutez cet échange avec Halimata Fofana, dont le but est de « vaincre le tabou de l’excision », sous-titre de son livre.

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