Tour de France : Six militants écologistes jugés dans le Gers pour avoir stoppé le peloton

C’était la deuxième apparition très médiatique du collectif Dernière Rénovation après celle de Roland-Garros. Le 22 juillet, sur une route du Gers, six militants écologistes avaient forcé le peloton du Tour de France à s’arrêter durant une dizaine de minutes, au beau milieu de la 19e étape. Amaury Sport Organisation (ASO), société organisatrice de la course, avait initialement déposé plainte, puis l’avait retirée.

Mais cela n’a pas empêché les six militants de comparaître ce mardi devant le tribunal correctionnel d’Auch pour entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique.

« On a marché, on a manifesté, on a fait tout un tas d’actions dans le cadre légal pour faire entendre nos revendications, mais cela n’a pas marché. C’était le dernier recours », a expliqué une jeune militante à la barre. « Les rôles étaient bien définis, on a même reçu une formation avant d’agir. On avait choisi une zone droite, avec de la visibilité pour éviter que l’action soit dangereuse », a-t-elle souligné.

« Une situation écologique préoccupante »

Le collectif agit « pour tout le monde » et « souhaite mettre sur le devant de la scène une situation écologique préoccupante ». Il « réclame une rénovation thermique des bâtiments, mais rien n’est mis en place de manière sérieuse », a ajouté un autre militant.

« Est-ce qu’il n’y avait pas d’autres moyens légaux pour alerter sur cette importance de la rénovation thermique des bâtiments ? », a lancé le procureur de la République, Jacques-Edouard Andrault, qualifiant l’action de « dangereuse, même si les prévenus disent avoir pris des mesures pour éviter l’accident ». En raison de leurs casiers judiciaires vierges, il a précisé vouloir faire preuve de « modération » et a requis une peine commune de 500 euros d’amende, dont 300 avec sursis.

Le jugement a été mis en délibéré au 24 janvier 2023.