Tour de France 2022 : Incapable de larguer Jonas Vingegaard, Tadej Pogacar est-il à la limite ?

On attendait ça depuis une semaine. Après sa défaillance dans le Granon, qui lui avait obligé à lâcher son maillot jaune, Tadej Pogacar devait vite prendre sa revanche. Alors, on s’était demandé lors de quelle étape le Slovène allait reprendre son dû. L’Alpe d’Huez ? Pogacar a tenté, en vain. Mende ? Le double vainqueur du Tour de France a mis sa petite attaque, mais Jonas Vingegaard a bien contré. Alors, ce devait être ce mardi, lors de la première étape dans les Pyrénées.

L’enchaînement Port de Lers-Mur de Péguère devait être le théâtre d’un nouvel affrontement. Pogacar avait prévenu, lors de la journée de repos, que les banderilles pouvaient être plantées à n’importe quel moment. « Je dois saisir toutes les opportunités et attaquer dès que possible, sur chaque montée. Attaquer de près, de loin, je vais tout essayer. Il y aura des d’occasions. En trois jours, il peut se passer beaucoup de choses. »

Trois attaques dans le Port de Lers

On n’a donc pas été surpris de voir Pogi lancer la machine dès le Port de Lers. D’autant que la Jumbo-Visma avait envoyé la patrouille dans l’échappée et que le maillot jaune n’était entouré plus que de Sepp Kuss et Tiesj Benoot. A une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, Pogacar a donc mis le blanc de chauffe : une attaque franche, depuis les bas-fonds du peloton, qui lui a permis de prendre une cinquantaine de mètres d’avance. Mais que Vingegaard a comblé en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Bis repetita quelques mètres plus loin. Même épilogue.

Tadej Pogacar a tenté une troisième fois, en haut du col, pour mettre dans les cordes le Danois dans la descente. Mais, alors qu’il avait créé un minuscule trou, il a lâché l’affaire, comme résigné par le fait que le maillot jaune le suive assez facilement. « Il a essayé de m’attaquer, heureusement, chaque fois, j’ai pu répondre et me mettre dans sa roue, a commenté Vingegaard au micro de France 2. Je ne me suis pas senti vraiment en difficulté. Mais c’est vrai que quand Tadej attaque, il faut rester attentif et suivre direct. »

« Pas eu de sens d’attaquer dans la dernière montée »

Suffisant, quand même, pour se poser des questions sur l’état de forme de Tadej Pogacar, d’autant que le Slovène est resté dans les roues dans le difficile mur de Péguère, luxuriant décor pour faire souffrir votre meilleur adversaire, alors que son coéquipier Rafal Majka imposait un gros rythme à l’avant du groupe de survivants. Mais ce n’était pas une question de jambes assure le leadeur d’UAE-Team Emirates, toujours sur France Télé : « Je suis bien. Et ça n’aurait pas eu de sens d’attaquer dans la dernière montée, avec Van Aert super fort, donc je n’aurais pas pu faire de différence. »

Oui, car le couteau suisse belge avait pris l’échappée avec un autre coéquipier, pour parer à toute mauvaise surprise. « C’était très important d’avoir quelqu’un dans l’échappée, car la dernière montée était très raide, et il était possible que Jonas soit isolé au sommet, a analysé Van Aert après la course. C’était la meilleure tactique, comme ça, je peux attendre au sommet. Quand il [Vingegaard] est tout seul, c’est difficile de répondre aux attaques. »

« Il y aura pas mal de possibilités »

Le plan de la Jumbo-Visma a donc marché à la perfection. Envoyés devant, Nathan Van Hooydonck a servi de relais dans la descente du Port de Lers, alors que Wout Van Aert a mis les gaz après le mur de Péguère. Et a coupé toute envie au dauphin de devenir requin. Pour aujourd’hui, en tout cas. Car Tadej Pogacar a l’air d’avoir encore faim : « C’était une journée difficile, mais j’attends avec impatience les deux autres étapes. Je pense que demain, il y aura pas mal de possibilités, ça va être intéressant. »

Le directeur sportif du génie slovène est aussi optimiste. « Il n’y avait trois opportunités, note Mauro Gianetti, maintenant, il n’y en a plus que deux. Mais tant qu’il y a de l’espoir, on essaie. On est en position de pouvoir essayer. Si Tadej est bien, il va essayer encore. » Il faudra faire sans Marc Soler, arrivé hors délais après être tombé malade en début d’étape. Tadej Pogacar n’a plus que quatre coéquipiers. Là aussi, le Slovène a du retard sur la Jumbo-Visma.