Tour de France 2021 : Parmi ses « Quatre Fantastiques », Ineos va devoir se trouver un leader

De notre envoyé spécial à Brest,

Abondance de biens ne nuit pas. Et ce n’est pas Dave Brailsford qui dira le contraire. Sur les routes du Tour de France, qui s’élance ce samedi de Brest, le patron d’Ineos disposera, comme chaque année, d’une grosse armada. Le casting a en effet de la gueule avec la présence de Geraint Thomas (vainqueur du Tour en 2018 et second en 2019), Richard Carapaz (vainqueur du Giro en 2020), Richie Porte (3e du tour l’an dernier et vainqueur du Dauphiné cette année) et Tao Geoghegan Hart (vainqueur du Giro en 2020). Pour un peu on en oublierait presque l’absence d’Egan Bernal, vainqueur du Tour en 2019 et tout juste sacré sur le Tour d’Italie.

Sur le papier, la formation britannique et son budget XXL dispose donc de quatre coureurs capables de remporter la Grande Boucle cette année. Y parviendront-ils ? On ne s’appelle pas malheureusement Madame Irma, mais la lutte s’annonce serrée avec les Jumbo-Visma de Primoz Roglic et la team UAE Emirates de Tadej Pogacar, à qui ils promettent l’enfer pendant ces trois semaines. « On verra s’ils peuvent nous suivre quand on sera tous les quatre au pied de la montagne », indique Richie Porte.

« C’est sur la route que ça va se décider »

Pour les Ineos, lauréats de sept des neuf dernières éditions, toute la question sur ce Tour va être de savoir qui ira titiller les deux Slovènes pour la victoire finale. Et sur ce point, rien n’est encore tranché. « C’est sur la route que ça va se décider, assure le coureur australien. Chacun doit pour l’instant jouer sa carte et on verra ensuite qui on devra protéger le plus, peut-être lors de la dernière semaine ».

Même son de cloche chez Geraint Thomas. « Il se passera bien quelque chose la première semaine, indique le Gallois. On verra donc au fil de la course pour la hiérarchie dans l’équipe. Mais en tout c’est une force pour nous d’avoir autant de leaders. Avec une équipe si forte, la communication sera importante, mais il n’y a pas d’ego entre nous et cela a bien fonctionné depuis le début de la saison ».

La formation britannique promet une stratégie plus offensive

Geraint Thomas, le plus expérimenté de la bande, reconnaît toutefois que « ce n’est pas la même histoire » d’être leader ou équipier. « Quand on est le seul leader, on subit toute la pression de l’équipe et cela a du bon aussi. Alors qu’à plusieurs, on peut partager cette pression. Si quelque chose vous arrive, il y aura quelqu’un pour reprendre le flambeau ».

Sans leader défini avant le départ, la formation britannique promet en tout cas du spectacle sur les routes cette année avec une stratégie plus agressive. « Nous ne gagnerons pas ce Tour en restant assis dans les roues, assure Dave Brailsford. Nous avons l’équipe pour faire la course, prendre l’initiative, sauter sur chaque opportunité et obliger nos adversaires à être concentrés sur chaque kilomètre ». Le patron d’Ineos promet même des surprises sur ce Tour. « Attendez-vous à l’inattendu ! ». On a envie d’y croire.