Tour de France 2020: Comment le gruppetto a « ramassé » dans « la galère » du col de la Loze

Bryan Coquard est allé au bout de lui-même pour se sauver in-extremis ce mercredi, dans une terrible étape qui a eu raison de son coéquipier Jens Debusschere. — Christophe Petit-Tesson/AP/SIPA

  • Le Colombien Miguel Angel Lopez a effectué la belle opération du jour en remportant la 17e étape du Tour de France au sommet du col de la Loze.
  • Très loin de là, le gruppetto de la Grande Boucle a eu la vie dure ce mercredi, à l’image du « sacrifice » de Jens Debusschere dans l’équipe B & B Hôtels-Vital Concept.
  • 20 Minutes a suivi la vie de ces coureurs ayant vécu une belle « galère » pour rester dans les délais de la course et filer vers les Champs-Elysées.

De notre envoyé spécial au col de la Loze,

Les favoris du Tour de France redescendent déjà tranquillement vers Méribel. Des dizaines de spectateurs s’empressent de rejoindre les télécabines et une camionnette de gendarmerie au moteur en surchauffe se retrouve coincée sur le bord de la route. La 17e étape de la Grande Boucle est pourtant loin d’être terminée. Dans la dernière portion de l’impitoyable col de la Loze, la majorité des coureurs se bat pour rallier l’arrivée.

« J’avais franchement l’impression de faire de l’escalade aujourd’hui, confie Maxime Chevalier, coureur de 21 ans de l’équipe B&B Hôtels-Vital Concept. Les pentes étaient impressionnantes avec des passages de plus de 20 %. J’avais peur d’être hors délai aujourd’hui, et on perd malheureusement Jens. » Le Belge Jens Debusschere est en effet le seul hors délais de la Grande Boucle ce mercredi (42’43 avec des délais bloqués à 37’35), au prix d’un « sacrifice » en faveur de son coéquipier Bryan Coquard.

« Je me suis même demandé ce que je foutais là »

« Jens m’a attendu dans le col de la Madeleine, raconte le sprinteur tricolore. Je ne lui ai pas passé un relais, puis j’ai fait la dernière montée comme je pouvais. J’ai tellement ramassé, c’était une galère. » Lorsque Jens Debusschere a vu sur un grand écran en bord de route, à 9 km du sommet, que Miguel Angel Lopez était déjà arrivé, il a compris qu’il ne prendrait pas le départ de la 18e étape jeudi. « Je voulais rester avec Bryan, mais je ne pouvais plus, j’étais mort », résume le Belge, privé de Champs-Elysées.

De nombreux coureurs ont redouté la même issue et ont dû puiser au fond d’eux-mêmes de quoi finir, langue pendue, regard dans le vide, et coups de pédale saccadés sur un vélo tanguant sur toute la largeur de cette interminable ascension. « Le final était vraiment hard, confirme Geoffrey Soupe (Total Direct Energie), arrivé en 86e position avec plus de 26 minutes de retard sur Miguel Angel Lopez. C’était un peu du sauve-qui-peut, tout le monde finit à l’arraché, dans un état second. Je me suis même demandé ce que je foutais là tant je n’avais plus une seule dose de lucidité en moi. »

« J’ai un peu halluciné de voir Quintana parmi nous »

« La pente est tellement irrégulière et raide ici qu’après cinq heures de course, bouger notre corps et notre vélo nous semble difficile comme jamais, complète Cyril Barthe de B & B Hôtels-Vital Concept. On ne pense plus qu’à faire ce qu’il faut pour passer la ligne. » Celui-ci s’est tout de même trouvé dans l’imposant gruppetto du jour aux côtés d’un ancien double dauphin de la Grande Boucle, un certain Nairo Quintana. « J’ai un peu halluciné de le voir parmi nous aujourd’hui, sourit Geoffrey Soupe. Et ce même si on s’est déjà retrouvé avec Julian Alaphilippe et même Egan Bernal mardi [avant son abandon]. On réalise qu’il n’y a parfois pas que nous qui souffrons. »

Une maigre satisfaction qui ne compense pas ces moments symboliques durant lesquels nos habitués du gruppetto croisent la route des leaders ayant fini leur journée de course. « Ça fout vraiment le cafard, reconnaît Geoffrey Soupe. Ça nous met face aux écarts de dingue qu’il y a entre eux et nous. Comme quoi, elle est quand même pas mal la vie de grimpeur. » Découvrir les déclarations du jour du si serein maillot jaune Primoz Roglic pourrait agacer le coureur de Total Direct Energie. « Les quatre derniers kilomètres, c’était complètement fou, c’était même l’enfer », indique-t-il ainsi. Qu’est-ce qu’il y connaît à l’enfer Primoz Roglic ?

Sport

Tour de France EN DIRECT: La Loze, la Loze, la Loze ! Le col le plus excitant du Tour au menu… Suivez la 17e étape en live

Sport

Tour de France 2020 : « A côté, le Ventoux a l’air d’une balade »… La Loze, nouvel outil de torture du Tour

17 partages