Tour de France 2019: Romain Bardet se console avec les pois, qui pourraient (en partie) sauver son Tour

Largué au général, Romain Bardet s’est trouvé un nouvel objectif : le maillot à pois. — J. Pachoud / AFP

  • Romain Bardet a terminé deuxième derrière un intouchable Nairo Quintana, ce jeudi, à Valloire.
  • Il s’est toutefois consolé en enfilant le maillot à pois de meilleur grimpeur, qu’il a prévu de conserver. Pour ça, il faudra attaquer…

De notre envoyé spécial à Valloire (Savoie),

« Ultimo kilómetro para Nairo Quintana ! Qué grande campeón ! Un día magnifico para Colombia ! » Nous aurions aimé nous enflammer comme ce confrère colombien, au bord de l’extase, ce jeudi, dans les derniers hectomètres d’une jolie étape Embrun-Valloire. Malheureusement, Romain Bardet a fini à la place du con (qui a dit la place du Français ?) : la deuxième. Une position qui, en réalité, laisse le grimpeur d’AG2R sans regret : Nairo Quintana était intouchable, ce jeudi, sur les pentes du Galibier​.

Lors des derniers Tours de France, on a si souvent raillé l’attentisme du Colombien, attendu en vain une attaque qui aurait pu déstabiliser Christopher Froome, qu’on était un peu scotché à notre chaise face à la puissance de son offensive. Il a laissé ses compagnons d’échappée sur place et a facilement pris de l’avance – 1 minute 35 sur Bardet, plus de 5 minutes sur les favoris.

« Il est beau, ce maillot ! »

« Mon objectif du jour, c’était le maillot à pois, a lancé un Romain Bardet tout sourire, en zone mixte. Bon, c’était l’étape aussi, mais le maillot de meilleur grimpeur me faisait envie ! » On précise « un Romain Bardet tout sourire », et c’est important : on l’a trop souvent vu répondre aux journalistes avec le masque, voire pas répondre du tout, pour profiter de ses petites blagounettes face aux micros : « Il est beau, ce maillot… Mais j’espère surtout que je pourrai l’admirer dimanche soir ! En tout cas, il m’a redonné le sourire et c’est important aussi. »

Son « gros passage à vide » du début de Tour est-il oublié pour autant ? Pas du tout :

Je sais que mon classement n’est pas ce qu’il devrait être, mais je me bats et ça fait du bien de voir que ça paye. J’apprécie aussi ce registre : être à l’avant, ce n’est pas facile, loin de là. C’est une course différente, où on laisse beaucoup d’énergie pendant une heure et demie pour ne surtout pas louper l’échappée. A 28 ans, c’est une découverte pour moi. Peut-être un carrefour de ma carrière, pour voir ce que je vaux vraiment ! »

Bon, on crie à l’enflammade sur ce dernier point : un coureur voit ce qu’il vaut quand il résiste à la pédale voire attaque les Froome, Thomas, Dumoulin et autres Bernal, pas quand il s’échappe avec Michael Woods ou Lennard Kämna. Mais on comprend l’idée de cette petite introspection de l’Auvergnat : il est fier de se montrer qu’il peut exister en dehors de son registre habituel.

Loin des courses très tactiques qu’il a l’habitude de livrer dans les groupes de favoris, il va devoir être très offensif dans les deux prochaines étapes, avec deux arrivées au sommet, de nombreux cols à franchir… et donc des dizaines de points à distribuer.

« Les Alpes sont un massif qui nous tient à cœur », rappelle Mikaël Cherel, présent avec Bardet dans l’échappée du jour. AG2R La Mondiale, qui se rêve en « assureur des Auvergnorhonalpins », va forcément envoyer des gars au charbon, ces deux prochains jours. « On va revoir Romain à la bagarre, promet Cherel. Il a une jolie réaction d’orgueil ! C’est une belle revanche sur le mauvais sort. » Une revanche qui ne sera complète que s’il lève les bras d’ici dimanche…

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