Tour de France 2019: «J’ai compris que ce serait mort»… La veille de son abandon, Pinot savait qu’il avait perdu ses chances de gagner le Tour

Pinot, dévasté après son abandon, c’est l’image de ce Tour 2019. — Marco Bertorello / AFP

Depuis dimanche, alors qu’il n’a pas pu regarder l’ultime étape du Tour de France qui s’est déroulée sans lui, Thibaut Pinot a eu le temps de digérer un peu l’immense déception née après sa blessure et son abandon lors de la 19e étape. Dans un long entretien accordé à nos confrères de L’Equipe, le leader de la Groupama-FDJ est revenu sur cette nouvelle désillusion sur la Grande Boucle.

Alors que le grand public a découvert, consterné, la gravité de la situation et de la blessure du coureur Français peu après le départ de Saint-Jean-de-Maurienne, lui savait depuis la veille que ça commençait à sentir le sapin. Le soir de la 18e étape, « dès que j’arrive, je vais au contrôle, se remémore-t-il. Je m’assois, ça dure dix minutes, et là on avait un kilomètre et demi à remonter à vélo pour aller à l’hôtel et je ne pouvais pas me mettre en danseuse ni pédaler. Là, j’ai compris que, quoi qu’on fasse, le lendemain ce serait mort. »

Pourtant les espoirs semblent intacts au sein de l’équipe. Semblent, seulement : « Les gens autour de moi y croyaient, tout le monde était optimiste, les kinés, les ostéos, le médecin, ils me disaient que le lendemain ça allait aller, mais j’ai l’impression qu’ils me mentaient parce qu’ils savaient très bien que je ne pouvais pas descendre les escaliers. Comment ça pourrait aller mieux le lendemain ? Ils ne voulaient pas m’inquiéter sur la gravité de ma blessure. »

Pinot, maudit sur le Tour

Sur le coup, le lendemain, au moment où il doit se résoudre à abandonner ses rêves de victoire, Pinot a « l’impression de vivre exactement ce que j’ai vécu l’an dernier sur le Giro. Ou tout s’effondre comme un château de cartes, en un kilomètre, tout ce que tu as construit sur une saison. Tout ce que j’avais reconstruit depuis le Giro, tout s’effondre à nouveau. Là, je suis dévasté. »

« Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter tout ça, lâche-t-il, en partie encore abattu. J’ai fait sept Tours, quatre abandons, alors que sur les autres courses je n’abandonne jamais. Les gens ont beau me réconforter, il n’y a que le temps qui pourra faire son œuvre. » Ça et un succès final : « Pour oublier tout ça, toutes ces galères, il n’y a plus que la victoire. Un podium ne suffira pas. Pour oublier tout ça, oui, il faudra que je gagne le Tour. » Rendez-vous l’année prochaine.

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