Tour de France 2019: «Dans l’époque moderne, c’est peut-être ce que l’on a eu de mieux», les Champs accueillent la fin d’un Tour exceptionnel

Pour mettre l’ambiance, il faut savoir donner de sa personne — Pierre Cloix

Maillots du Tour de France, maillots de la sélection colombienne de football, ou même bobs estampillés Ricard… Les Champs-Elysées avaient donné « jaune » comme mot d’ordre pour le dress code, cet après-midi. Et Il fallait au moins ça pour célébrer un Tour qui aura marqué les esprits, tant par ses conditions météorologiques, ses exploits et sa tristesse, en plus d’être celui du centenaire du légendaire maillot safrané.

Une seule « plus belle avenue du monde », mais plusieurs ambiances : les fans de cyclisme y côtoient les touristes venus faire leur shopping  dans les grandes enseignes. On aurait presque pu être déçu de ne pas retrouver l’ atmospère légendaire des virages alpins de la Grand boucle. Le « C’est la classe à Dallas », lancé par un vendeur d’une des boutiques officielle à un enfant portant un bob du Tour n’y changera d’ailleurs rien.

« Le plus terrible, c’est l’abandon de Pinot »

Les abords des Champs-Elysées avaient parfois l'allure de festival Les abords des Champs-Elysées avaient parfois l’allure de festival – Pierre Cloix

Mais la vraie déception n’est pas là, non, elle est surtout dans les yeux des supporters français, qui savent que cette arrivée aurait pu prendre un tout autre virage à quelque chose près. « Le plus terrible, c’est l’abandon de Pinot », déclare Jocelyn, venu de Tours pour l’arrivée du Tour (ça ne s’invente pas). « Il en avait la capacité, c’était son opportunité. Il reviendra sûrement l’année prochaine mais c’est vrai que là, ça aurait été magique », ajoute-t-il. Bien que déçu également, son ami Alexandre a conscience de la saveur spéciale de cette édition 2019: « Je pense que dans l’époque moderne, c’est peut-être ce que l’on a eu de mieux depuis Hinault/ Fignon en 1984 en termes d’engagement. » Une comparaison qui aura du mal à consoler Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe, mais qui fait toujours plaisir. Venir sur cette arrivée sans le plaisir d’un vainqueur tricolore vaut-il la peine, malgré l’amertume ? « Sans aucun doute, l’arrivée sur les Champs c’est grandiose » conclut le jeune homme.

« Et en plus, il fait beau »

Cycliste amateur, Emmanuel est venu de Dunkerque en famille pour apprécier cette conclusion d’un Tour de France qui aura tenu toutes ses promesses, en termes d’émotions : « Jusqu’au bout, on y a cru. L’un des deux aurait pu le gagner, ce Tour. Ça fait un pincement au cœur mais on va quand même profiter de l’ambiance ce soir ! ». « Et en plus il fait beau ! », lance, visiblement très heureux d’être là, son fils d’une dizaine d’années. Des supporters Danois étaient eux aussi présent sur les Champs et ont également quelques regrets, cette année. Mads vient tout juste de s’installer à Paris et son père Niels est venu pour l’occasion : « On est comme vous, les Français ! On est très déçus des deux chutes de notre coureur, Jakob Fuglsang, mais bon là, cette arrivée, ça promet. Si on pouvait voir un sprint épique, ce serait bien », espère le jeune homme.

La Colombie, fière

Si Bernal l'emporte, la fête promet d'être belle, côté Colombiens Si Bernal l’emporte, la fête promet d’être belle, côté Colombiens – Pierre Cloix

Déceptions chez les Français, chez les Danois… Croire que personne n’est pleinement satisfait le long de l’avenue serait pourtant du déni absolu. Les supporters​ heureux ne sont pas difficiles à trouver, ils sont en jaune, nombreux et avec le sourire aux lèvres. Ils auraient bien tort de bouder leur plaisir : La Colombie s’apprête, si tout se passe bien, à célébrer son premier vainqueur du Tour de France de l’Histoire :  Egan Bernal. Ils sont fiers ces Colombiens, et à raison, si l’on en croit Gilbert, natif du pays d’Amérique du Sud : « Nous sommes venus célébrer des sportifs qui sont pleinement dédiés à leur art, et qui se donnent tout entier, ce sont de vrais exemples. » Il est rejoint par un ami, Edinson : « Quand on voit le parcours de Bernal, qui vient vraiment de loin, ça ne peut qu’être inspirant. On ressent de la fierté, tout simplement. » Le trentenaire a d’ailleurs fait le déplacement alors qu’il doit repartir dès ce soir pour Rotterdam, où il travaille demain matin.

Au moment du départ, quand on lui dit que nous devons prendre congé pour commencer la rédaction de cet article, il n’a qu’un conseil : « Partez avant que Bernal l’emporte et sans passer par le « colombian corner », ce sera trop la fête pour que vous puissiez repartir. » Message bien reçu.

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