Tour de France 2019: «Cataclysme» météo et déception sportive… Douche froide dans la montée de Val Thorens

Ambiance légèrement refroidie à Val Thorens, où sera jugée l’arrivée de la 20e étape du Tour de France. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

  • Les supporters massés dans la montée vers Val Thorens ont pris un coup de froid, ce samedi matin, quand une pluie glaciale s’est abattue sur le col.
  • Ils déplorent une fin de Tour en eau de boudin, avec la double déception suscitée par labandon de Pinot et la perte du maillot jaune par Alaphilippe.

De notre envoyé spécial à Val Thorens (Savoie),

Coup de froid sur le Tour de France​. On annonçait une montée bouillante vers Val Thorens en guise de bouquet final d’un magnifique Tour dominé par les tricolores. Finalement, il fait 9 degrés au sommet, c’est un Colombien qui porte le maillot jaune et les supporters bleu blanc rouge font grise mine.

Les deux dernières bornes, que l’on espérait noires de monde, sont désertées par des fans qui se sont réfugiés comme ils le pouvaient. A quatre heures du passage des coureurs, un violent orage a éclaté sur Val Thorens. « On a volé des sacs poubelles le long de la route, on en a fait des ponchos », raconte Antoine, qui décrit un vrai « cataclysme ». Il est désormais à l’abri dans son Kangoo, en slip, pour faire sécher ses fringues : « C’était déjà la galère cette nuit sous la tente… Pour l’instant elle ne prend pas l’eau mais avec ce qui tombe on n’est pas sûrs qu’elle tienne ! »

« Merci Julian »

Douche froide, donc, pour les supporters français. Ils ne digèrent pas la journée noire de la veille : l’abandon de Pinot, la perte du maillot jaune par Alaphilippe et Bardet et Barguil incapables de se mêler à la bagarre. Les fans sont bien sûr indulgents : dans la montée, on lit des dizaines de « allez les Bleus » et de nombreux « merci Julian ». Le nom de Thibaut Pinot a été peint en blanc sur la route une bonne centaine de fois, ce qui rend plus amer encore le souvenir de son abandon, la veille.

« Je suis vraiment très déçu », peste le jeune Martin, qui, quand il a prévu de venir à Val Thorens, espérait assister à la grande bataille, « avec un Pinot en jaune. » Il ne lui reste qu’à prier pour une attaque d’Alaphilippe dans une étape raccourcie, qui pourrait convenir au coureur le plus explosif du peloton, qui n’a que 48 secondes de retard sur le maillot jaune Bernal.

Une seule crainte : que la pluie trouble le pastis

Le jaune, la couleur préférée de ce groupe d’une quinzaine de trentenaires, anisés, autosurnommés « les grosses pédales ». C’est écrit sur leurs tee-shirts, et eux ne se laissent pas abattre, ni par les désillusions sportives, ni par les aléas météo. Ils tiennent le cap dans la tempête, avec une seule crainte : que la pluie vienne troubler leurs verres de pastis.

Ils mettent l’ambiance dans le bas du col. Leurs voisins, des Allemands indulgents, nous racontent que la fête s’est arrêtée à 4 heures 30, la nuit dernière, pour reprendre à 7 heures du matin. « Merci à eux, au moins, je sais à quelle heure je me suis couché », se marre Joris, dit « La Chapka. » Avec son élégant couvre-chef rose, il va encourager Alaphilippe, loser magnifique, selon lui : « C’est quand même très Français de porter le maillot jaune quatorze jours et de le perdre dans l’avant-dernière étape de montagne ! » Joris s’interrompt : un cyclotouriste grimpe le col, à bout de souffle. Il faut évidemment l’encourager et faire une ola. Ça aussi, « c’est très Français. »

« Quelle ambiance ! On est venus pour ça », s’exclament Tony et Lara, touristes anglais qui font honneur à leur réputation vestimentaire, avec leurs mini-shorts et leurs débardeurs absolument pas adaptés à l’orage dantesque qui s’abattra quelques heures plus tard sur le col.

Tranchées et « french lose »

Ceux qui sont arrivés la veille sont parés : « on a creusé des tranchées autour de nos emplacements de tente pour évacuer l’eau, explique Rémi. On a appris la technique l’an dernier sur le Tour en Ardèche… Le Tour sans un énorme orage, ça ne serait pas vraiment le Tour ! »

Un Tour sans « french lose » n’en serait pas vraiment un non plus, alors Marcel prend son mal en patience. Mais c’est tout de même en ronchonnant que ce sexagénaire lâche sa sentence : « Je vous préviens, je ne vais pas attendre 34 ans de plus pour voir un Français gagner le Tour ! »

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