Toulouse : Voici pourquoi il y a des chances que le monument aux morts soit démonté

« Déconstruction puis reconstruction à l’identique. » C’est l’hypothèse qui, selon Tisséo, est la plus probable concernant le sort du monument aux morts de Toulouse durant le chantier de la troisième ligne de métro. Ce bâtiment, construit en 1928, officiellement baptisé « Monument à la gloire des combattants », se situe en effet au carrefour des tunnels de la ligne B et de la future ligne. Pour épargner la quarantaine de platanes centenaires de l’esplanade, la mairie a fait le choix de construire la nouvelle station très précisément en dessous de cet « arc de triomphe ».

Cette décision prise, trois hypothèses ont été étudiées. La première, la plus spectaculaire, consistait à déplacer le monument d’un seul tenant en le faisant glisser sur des rails. Elle est aujourd’hui écartée. La deuxième, la plus simple, consiste à « conforter » l’édifice, à le renforcer pour qu’il ne s’effondre pas durant les travaux souterrains. Mais dans « le dialogue » avec la Commission nationale du patrimoine et l’architecture, qui aura le dernier mot, Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo, a l’intuition que c’est la troisième option qui tient la corde. Celle d’un démontage, le temps que les engins de chantier opèrent sur le champ de bataille.

L’occasion de découvrir des parties inaccessibles

Dans l’attente de la réponse, le comité syndical de Tisséo a même voté le 16 février une délibération lançant le marché pour confier ce puzzle géant à une société spécialisée. « Comme il n’est pas prévu que le conseil syndical se réunisse à nouveau avant fin avril, nous avons préféré anticiper », explique Jean-Michel Lattes, qui sait gérer un calendrier « exigeant » pour une mise en service effective de la ligne fin 2028.

Si la prémonition devient réalité et que le monument aux morts disparaît temporairement du paysage, l’idée est de trouver « un lieu d’exposition proche » pour pièces détachées. Les Toulousains pourraient ainsi admirer de près les détails de sculptures et gravures des parties hautes. L’opération serait aussi accompagnée d’une restauration « très poussée ».