Toulouse : Une centaine de jeunes étrangers expulsés d’une ancienne maison de retraite

Epilogue à la lacrymo pour l’ancien Ehpad des Tourelles, dans la périphérie de Toulouse ; Dès 7 h ce vendredi matin, des colonnes de CRS ont pénétré dans le bâtiment pour en expulser, en application d’une décision de justice, la centaine de jeunes étrangers qui y vivaient. Selon les associations qui les suivent, ces jeunes sont majoritairement originaires d’Afrique de l’Ouest mais ils viennent aussi d’Asie ou d’Afrique du Nord.

Parmi eux Sami, un Algérien. « Je suis arrivé en France il y a un an, je n’ai pas encore 18 ans, a-t-il confié à l’AFP, accroupi à côté d’un grand sac en plastique contenant toutes ses affaires. Jamais je n’aurais pensé être traité comme un criminel. » « Nous ne méritons pas ça. Certes, nous sommes des Africains mais nous ne sommes pas des animaux », a répété en boucle Mohamad, un Guinéen sous le coup de l’émotion.

« Ce soir, ils ne savent pas où ils dorment, des dizaines de jeunes se retrouvent SDF sans aucune solution de relogement », déplore Jennifer Gruman, du collectif AutonoMIE et de l’association Tous-tes En Classe 31 (TEC 31).

Changement de propriétaire

La plupart des jeunes concernés ont été déclarés majeurs par le conseil départemental de Haute-Garonne mais ont déposé un recours devant la justice pour faire reconnaître leur minorité et obtenir le statut de mineurs isolés. La préfecture de Haute-Garonne indique qu’une évaluation personnalisée de leur situation administrative a été proposée à tous les jeunes avant leur expulsion, afin de trouver une solution de relogement, mais « seuls quatre l’ont acceptée ».

La ville et la métropole de Toulouse avaient mis en place en 2019 aux Tourelles « un dispositif d’hébergement provisoire » pour plusieurs dizaines de ces jeunes, avec l’appui de plusieurs associations. Par la suite, le centre communal d’action sociale (CCAS), devenu propriétaire du bâtiment de l’ancien Ehpad, a décidé de sa fermeture le 25 janvier 2022 et sommé les occupants de quitter les lieux.

Le tribunal administratif de Toulouse lui avait donné raison début mai 2022.