Toulouse : Tollé après l’annonce de la fermeture de l’une des plus petites écoles du centre-ville

« C’est un peu la douche froide, car il y a de l’attachement à cette école ». Aurélien Speller, comme la majorité des parents d’élèves de la maternelle Port-Garaud, à Toulouse, a appris la semaine dernière le projet de fermeture de l’établissement scolaire qui compte aujourd’hui deux classes double niveau.

Aujourd’hui, elle compte une quarantaine d’élèves, « avec un projet de vraie mixité puisque l’école accueille des enfants du foyer Le Tournil et a construit un vrai projet », assure sa directrice, Odile Shen, en poste depuis seize ans dans cet établissement. Mais, avec le départ de 19 élèves en classe de CP l’an prochain, et des prévisions faibles de nouveaux enfants sur le secteur, la mairie estime qu’il « n’est pas possible d’avoir une école avec une seule classe, pour des questions d’équité », plaide l’adjointe au maire à l’éducation, Marion Lalane de Laubadère.

Baisse généralisée en maternelle

Cette tendance à la baisse des effectifs ne se retrouve pas que dans les secteurs du centre-ville, dont la gentrification n’a pas encore un impact sur l’arrivée de nouveaux parents aussi important qu’à Paris. C’est une tendance de fond sur l’ensemble des classes d’âge de maternelles en France, et, à Toulouse, elle est de 2,5 % chaque année en moyenne. Même si sur l’arrivée de nouvelles populations dans certains quartiers en plein développement, au nord de Toulouse, fait qu’on ouvre dans certaines zones des écoles.

Les parents se demandent eux pourquoi cette annonce est faite dès le mois de février alors que les annonces de maternelle ne se font qu’en mars auprès de la mairie. « La sectorisation peut être élargie à quelques rues. S’ils voulaient maintenir, on pourrait jouer sur la carte scolaire, ce sont des choix qui sont faits par la mairie, car, pour eux, c’est moins de locaux à gérer. On connaît l’avantage des petites structures au niveau du climat scolaire, plus la structure est grosse plus c’est dur à gérer, on l’a vu avec le Covid », réagit de son côté Marie Gascard, du syndicat enseignant SNUIpp qui regrette de voir fermer cette école.

Elargir le secteur

« Je comprends que ce soit douloureux. Si j’augmentais la sectorisation de Port-Garaud, ça ne concernerait que les élèves de petite section et il en faudrait au moins une vingtaine. C’est un pari », justifie l’adjointe à l’éducation qui assure que tout sera « fait pour que cela se passe en douceur ».

Les parents, eux, ne désespèrent pas de faire basculer cette décision pour l’instant conditionnelle en maintien définitif. « Jusqu’en juin il peut y avoir des inscriptions. On ne voit pas l’intérêt de fermer des structures de proximité pour en surcharger d’autres », argumente Aurélien Speller qui a un enfant scolarisé à Port-Garaud. Avec le collectif d’autres parents, il a lancé une pétition qui a déjà réuni 1.000 signatures. Et samedi, à 16 h, il manifestera place Lafourcade pour faire entendre son opposition à cette décision.