Toulouse : Plongée à 360° dans l’univers de Van Gogh, au cœur de l’usine hydroélectrique du Bazacle

Fermer les yeux, puis les rouvrir pour se retrouver au milieu des champs de blé peints par Van Gogh au mois de juillet 1890, juste avant sa mort. Suivre sur les murs l’envol des corbeaux, oiseaux de mauvais augure, qui annoncent les tourments du peintre hollandais qui a mis fin à ses jours quelque temps après.

Allongés dans un transat, les yeux rivés aux tableaux qui défilent, les visiteurs de « The Immersive expérience » vont découvrir à partir de ce mercredi une partie de l’œuvre de l’artiste maudit, mise en scène au sein de l’espace EDF Bazacle, à Toulouse. Des Tournesols à l’Amandier en fleurs en passant par La Nuit étoilée, cette exposition à (presque) 360° emmène le public dans une expérience artistique différente, qui prend vie partout, sauf au plafond, grâce au procédé de video mapping. Là où on contemple habituellement une œuvre, cette immersion permet de se l’approprier, de remettre en mouvement les sujets qui ont inspiré l’artiste.

Jusqu'à la mi novembre, l'espace EDF Bazacle à Toulouse accueille l'exposition Van Gogh, The immersive experience.
Jusqu’à la mi novembre, l’espace EDF Bazacle à Toulouse accueille l’exposition Van Gogh, The immersive experience. – B. Colin / 20 Minutes

« Dans les œuvres de Van Gogh, il y a une recherche des couleurs vives, vibrantes. Pour lui, c’était un kaléidoscope d’émotions. Avec cette exposition, on se laisse immerger dans ses réalisations, tous ces contrastes de couleurs finissent par avoir un effet thérapeutique et chaque fois le public voit quelque chose de différent, il peut prendre le temps qu’il veut », assure Fabio di Gioia de la société Exhibition Hub, à l’origine de plus de 90 expositions et expériences immersives dans le monde.

Déjà 30.000 préréservations

C’est la première fois que celle autour de Vincent Van Gogh est proposée en France, après avoir été vue par 5 millions de personnes à travers le monde. Et c’est dans un lieu atypique, qui aurait pu fasciner l’artiste, qu’elle prend ses quartiers : une usine hydroélectrique créée en 1888 pour alimenter le tramway de Toulouse et qui fonctionne toujours aujourd’hui. « Cette année-là, Van Gogh a 35 ans et c’est la période où il va produire ses plus belles œuvres. Au même moment, dans cette usine, on produisait des kilowatts. Une électricité qui sert aujourd’hui à alimenter cette exposition en son et lumière », relève Franck Darthou, directeur d’EDF hydro Sud-Ouest, propriétaire de cet espace, à la fois lieu d’exposition et de production.

Et c’est dans une ancienne salle des turbines, où le bruit des actuelles perdurent, que la fameuse chambre à coucher du peintre a été reconstituée pour compléter l’immersion. Un peu plus loin, des panneaux expliquent la vie du peintre, ses dix ans de carrière prolifique où il créa plus 2.000 œuvres et n’en vendit qu’un de son vivant. Alors qu’aujourd’hui, ils échangent à des millions d’euros.

Dans une autre salle, assis sur des tabourets en hauteur et casque rivé aux yeux, pour quatre euros de plus, les visiteurs ont la possibilité de prolonger la visite grâce à un voyage en réalité virtuelle d’une durée de 11 minutes. Retrouver le couple de moissonneurs appuyé sur une meule de foin immortalisé par le peintre dans La sieste ou encore l’atmosphère des champs de blé maintes fois couchés sur la toile est assez bluffant.

Et si d’ici à la mi-novembre près de 85.000 visiteurs sont attendus par les organisateurs, l’idée de vivre cette expérience fait déjà des émules, car 30.000 personnes ont déjà préréservé leur place.

*A partir du 6 juillet jusqu’à la mi-novembre, ouvert tous les jours sauf le mardi. Week-end jusqu’à 23h. Tarif : De 10 à 15 euros.