Toulouse: Oui, l’abaissement de la vitesse sur l’A62 a bien réduit la pollution

Sur l’autoroute A62. Illustration. — SEBASTIEN ORTOLA

  • Selon l’Observatoire régional de l’air, l’abaissement de la vitesse maximale sur une portion de l’A62 près de Toulouse a bien réduit la pollution.
  • L’effet le plus significatif s’est fait sur le niveau en dioxyde de carbone (NO2).
  • A Toulouse, entre 4.700 et 9.200 habitants, restent surexposés au NO2.

Même forcés, ceux qui ont levé le pied sur l’A62 peuvent se réjouir d’avoir rendu l’air un peu plus respirable. Le 1er janvier 2018, le préfet de la Haute-Garonne décidait d’abaisser la vitesse sur une portion de sept kilomètres (entre Toulouse et Saint-Jory) de cette autoroute très fréquentée par les « navetteurs » entre la Ville rose et Montauban.

Cette expérimentation a contraint quelque 36.000 usagers quotidiens à rouler à 110 km/h au lieu de 130 mais a aussi eu les effets escomptés en matière de pollution. Une étude mise en ligne  l’Observatoire de l’Air en Occitanie (Atmo Occitanie) transforme en effet l’intuition en réalité chiffrée.

Réduction de la consommation de carburant

D’abord, elle montre grâce aux données de trafic fournies par Vinci Autoroutes, que les automobilistes mécontents de la décision n’ont pas choisi de changer de route. Selon les calculs fournis, du simple fait d’avoir réduit leur vitesse, ils ont consommé 9 % de carburant en moins et réduit d’autant leurs émissions de gaz à effet de serre. « Ce sont environ 4.020 tonnes de CO2 qui n’ont pas été émises dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions d’une commune d’un peu plus de 1.000 habitants », précise le rapport.

Ensuite, les mesures des polluants concluent à un effet « positif non négligeable » sur les niveaux en dioxyde de carbone (No2) à proximité immédiate de la voie rapide et en particulier aux heures de pointe. Selon les calculs d’ATMO « entre 40 et 70 personnes [riveraines de l’autoroute] ont vu leur qualité de l’air s’améliorer grâce à la restriction de vitesse ». Ce, même si, sur la bande étudiée, la valeur limite pour la protection de la santé reste dépassée.

Air vicié le long des grands axes

Concernant les particules fines, ATMO relève un effet « beaucoup plus restreint », il est même « négligeable » pour le benzène.

Cette première expérimentation, plutôt positive mais réduite, va-t-elle donner des idées d’extension de la mesure au préfet, Etienne Guyot, qui doit présider le 10 juillet un comité sur le sujet ?

Il aura sous les yeux « l’étude A62 » mais aussi le rapport annuel d’ATMO Occitanie dévoilé hier. Il indique qu’à Toulouse « entre 4.700 et 9.200 personnes sont exposées » en matière de N02 « à la valeur limite pour la protection de la santé ». « Elles vivent au bord de la rocade, des axes pénétrants et des grands boulevards urbains », précise Dominique Tilak, la directrice de l’observatoire.

Alors certes, le nombre de personnes ainsi exposées a diminué par rapport à 2017. « Mais c’est grâce à l’évolution technique des moteurs diesel et à l’aléa météo avec un hiver très doux qui a permis de moins chauffer », précise la spécialiste. « Pour l’instant, personne ne peut se prévaloir de politiques publiques qui ont une réelle influence sur la pollution », souligne Thierry Suaud (PS), conseiller régional et président d’ATMO Occitanie.

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