Toulouse : Mais au fait qui pilote le téléphérique ?

Ce samedi, vendredi pour les happy few, le plus long téléphérique urbain de France prend son envol à Toulouse. Il permettra de parcourir trois kilomètres entre l’Université Paul-Sabatier, le CHU de Rangueil et la zone de l’Oncopole, en enjambant une colline, celle de Pech-David, la Garonne et, surtout, les bouchons de la rocade.

L’idée est de faire de Téléo, une ligne de transport en commun comme les autres, « parfaitement intégrée au réseau » Tisséo. Même ticket, au même tarif, mêmes horaires que le bus ou le métro – de 5h15 à 0h30 – mêmes contrôleurs pour empêcher de resquiller et, pour la bonne bouche, même voix pour les annonces bilingues avec option occitan qui ont valu un petit retour en studio à la spécialiste du genre.

26 agents et une « vigie »

Mais sous ses airs de normalité, Téléo reste un mode exceptionnel en milieu urbain pour la bonne raison que ses passagers voleront, parfois à 70 mètres au-dessus du sol. D’ailleurs, les 26 agents chargés de le faire fonctionner ne seront pas des agents Tisséo. Ils sont salariés de la société Altiservice, rompue aux remontées mécaniques des stations de ski pyrénéennes et qui est donc l’exploitant délégué du téléphérique.

L’équipe de Téléo compte notamment des agents de maintenance dont l’antre est le garage-atelier de l’université Paul-Sabatier. Un de ces techniciens sera de permanence pendant toutes les rotations, les autres entreront en action durant l’arrêt nocturne pour l’entretien et les petites réparations. Téléo restera aussi fermé tous les ans durant dix jours, au cœur de l’été, pour une grande révision.

Les autres préposés au téléphérique ont deux casquettes. Dont celle de « conducteur », terme pas vraiment approprié puisque vous ne les verrez jamais dans les cabines. Dans ce rôle, ils pilotent Téléo depuis la « vigie », devant leur mur d’images et leurs commandes. Ils supervisent le système, peuvent l’arrêter et ont la main sur la vitesse du câble tracteur. « Le téléphérique est entièrement électrique et pour des raisons d’économie d’énergie, la vitesse du câble variera légèrement entre heures de pointe et les heures creuses, avec un trajet global durant de 10 à 12 minutes », indique Thomas Du Crest, directeur adjoint des opérations chez Tisséo. Les conducteurs seront aussi à la manœuvre en cas de panne. Ils ramèneront les cabines et leurs passagers en station en faisant avancer à vitesse très lente le câble tracteur.

Des anges gardiens de l’embarquement

Les conducteurs sortent aussi de la vigie quand ils passent leur veste « d’agents de station » positionnée dans chaque escale pour accompagner les usagers et s’assurer d’abord de leur bon embarquement dans les cabines. Ils disposent d’un poste de contrôle et d’une télécommande et peuvent prendre la main sur le système en cas de passager en mauvaise posture.

Évidemment, chaque arrêt impromptu en station se répercutera sur l’ensemble des cabines en circulation. Mais des messages appropriés seront diffusés et petit à petit chacun s’habituera, et à monter lestement, et à être stoppé occasionnellement quelques instants en mode « Toulouse vu du ciel ».

N’hésitez pas à venir vous entraîner, l’embarquement est gratuit durant tout le week-end.