Toulouse : L’incinérateur du Mirail est « le plus polluant de France » pour ses émissions d’oxyde d’azote

En 2020, l’usine de traitement des déchets du Mirail, à Toulouse, a émis autant d’oxyde d’azote « que les trois plus gros incinérateurs français réunis ». C’est ce qu’affirme la branche toulousaine de l’ONG Zero Waste (Zéro déchet) après avoir compilé et comparé des rapports publics. Elle a publié ce mercredi le résultat de ses recherches.

Selon le rapport, l’incinérateur du Mirail – mis en service en 1969, ce qui en fait l’un des plus vieux de France en activité – a émis 322 tonnes d’oxyde d’azote (NOx) en 2020, soit deux fois plus que le deuxième au classement, celui de Calce dans les Pyrénées-Orientales.

Classé 8e plus gros incinérateur en France, il bat également des records de concentration moyenne de NOx, avec 156 mg/Nm3, loin devant celui de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), deuxième de ce classement avec 61 mg/Nm3.

Un débat public la semaine prochaine

La « découverte » de ces chiffres, issus de rapports officiels, a « été un choc », affirme Thomas Guilpain, l’administrateur de Zero Waste Toulouse. Il souligne qu’elle ne pose pas un problème uniquement sanitaire mais illustre aussi « un manque de volonté politique de s’attaquer à la production des déchets ».

Ce rapport, qui a fait réagir l’opposition sur les réseaux sociaux, ne tombe pas par hasard : le syndicat mixte Decoset, gestionnaire de l’usine, conscient du vieillissement de l’installation, a décidé d’ouvrir un débat public sur l’avenir du site. Ce dernier doit se dérouler du mardi 20 septembre au 27 novembre. Avec trois options sur la table : l’arrêt de l’usine en 2030, sa rénovation ou sa reconstruction, sur place ou ailleurs.

En attendant, Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse métropole et président de Decoset reconnaît des chiffres « plus élevés » que d’autres incinérateurs « neufs ou rénovés pour la plupart ». Mais il relativise. « Environ 80 % des oxydes d’azote sont produits par la circulation automobile, 7 % par le résidentiel et nous, nous représentons 3 % », affirme-t-il, citant des chiffres de l’organisme de surveillance de la qualité de l’air, ATMO Occitanie. L’élu rappelle aussi que depuis 2022, Decoset a investi 46 millions d’euros pour réduire la quantité d’oxyde d’azote émise.