Toulouse : L’eau de la piscine Nakache recyclée pour l’arrosage des espaces verts et le nettoyage des rues

Depuis jeudi dernier, cinq autopompes raisonnent autour de la piscine extérieure Nakache à Toulouse, l’un des plus grands bassins extérieurs d’Europe avec ses 150 mètres de long sur 50 de large. Tous les jours, des camions-citernes et des fourgonnettes équipés de cuves se relaient aux abords du site construit en 1931 et qui a accueilli cet été pas moins de 127.000 visiteurs.

Mais contrairement aux saisons précédentes, la vidange des 6.100 m3 d’eau ne finira pas dans le réseau d’eaux usées. Cette année, pour la première fois, la mairie a pris l’initiative de la recycler, en l’utilisant pour l’arrosage de ses espaces verts, l’alimentation de ses bassins d’ornement dans les parcs ou encore pour le nettoyage de la voie publique. « La sécheresse et le réchauffement climatique ​poussent à se poser de nouvelles questions qu’on ne se posait pas avant. L’idée est venue à la fin de l’été et on s’est demandé si on ne pouvait pas récupérer cette eau », explique Jean-Luc Moudenc, le maire de la Ville rose.

Déjà 500 m3 réutilisés

Avant de pouvoir l’utiliser ailleurs, il a fallu la laisser reposer. « On a arrêté le dispositif d’accueil du public le 29 août. Il a fallu le lendemain pour la fin du traitement, puis un peu plus de deux jours pour que le niveau de chlore s’évapore naturellement au contact de l’air. On mesurait tous les jours les niveaux de chlore et de PH pour s’assurer que la qualité de l’eau était propre au réemploi. On a laissé faire le temps », explique Olivier Perez du service technique à la direction sports de la ville.

Ce mardi, près de 500 m3 d’eau avaient déjà été pompés. Et plusieurs milliers de litres vont encore l’être d’ici à la fin de la semaine. Mais certainement pas au-delà, car après, les algues qui se développent dans la piscine devraient rendre impropre son utilisation.

Pour pouvoir rendre efficace cette opération, la ville a dû louer des camions-citernes, ce qui, financièrement, compense certainement les économies d’eau qui sont faites au cours de ces jours. Cela permet surtout d’apporter une solution pour irriguer les jeunes arbres plantés récemment et d’assurer la survie des poissons et du biotope des points d’eau des jardins publics, dont la réalimentation était interdite par arrêté préfectoral en raison de la sécheresse.

Une première expérience qui pourrait être amenée à se renouveler au cours des prochaines années. La réflexion de l’étendre à d’autres bassins extérieurs est aussi en cours de réflexion, même si leur dimension rend l’opération moins intéressante, sans parler de leur accès plus complexe.

A Bourg-lès-Valence, dans la Drôme, la mairie a proposé aux habitants de récupérer l’eau usagée de leurs piscines privées​ afin d’arroser les espaces verts. Une idée qui pourrait aussi faire des émules à terme.