Toulouse : Le premier quartier zéro mégot voit le jour à la Colombette

Dans le quartier toulousain de la Colombette, les mégots sont collectés et recyclés. — A. Gledel / 20 Minutes

  • Les mégots sont un fléau à Toulouse en termes de pollution. Pour limiter leur nombre sur les trottoirs, le quartier de la Colombette lance une expérimentation « zéro mégots ».
  • Des cendriers collecteurs ont été installés sur les façades et les commerçants se sont engagés à sensibiliser leurs clients.
  • Depuis l’installation des premiers cendriers, plus de 3.500 mégots ont été collectés par la société La Boucle Verte, avant d’être recyclés.

Début septembre, en quelques heures, près de 70.000 mégots avaient été récoltés dans les rues de Toulouse. De quoi donner des frissons aux poissons de la Garonne, où ces déchets se retrouvent régulièrement après avoir échoué dans les caniveaux.

Si on en retrouve un peu partout en ville, ils jonchent souvent le sol des rues vivantes, connues pour leurs soirées festives. Une problématique que connaît bien la rue de la Colombette et laquelle l’Amicale des commerçants et artisans a décidé de s’attaquer.

En fin de semaine dernière, elle a signé avec Toulouse métropole la première charte propreté avec un quartier dans le cadre du projet Smart City. Parmi les actions phares, il y a l’arrivée de fleurs sur les potelets dans ce secteur, qui couvre aussi Saint-Aubin, mais aussi une expérimentation zéro mégots. Pas question d’interdire aux gens de fumer, mais bien de les inciter à jeter leur cigarette une fois terminée dans des cendriers dédiés.

« Nous avons déterminé les endroits critiques et une douzaine de collecteurs de mégots vont y être installés sur les façades. Les commerçants qui s’engagent pourront mobiliser leurs clients à ne pas les jeter dans la rue, ils pourront aussi récupère les mégots qui seront ensuite recyclés », avance François Scheerens, de l’Amicale dont 30 % des commerces sont déjà en mode «zéro déchets».

Collectés et recyclés

Et c’est la jeune société toulousaine la Boucle Verte qui va durant quatre mois se charger de collecter ces déchets, qui dans la nature mettent près de douze ans à se dégrader. « Nous allons les stocker, puis nous les enverrons au recyclage, dans une société qui les transforme en plaque de cellulose, mais aussi à une jeune ingénieure qui essaie de développer de nouvelles techniques », indique Guillaume Dauzet, en charge de cette opération au sein de l’entreprise qui donne déjà une seconde vie aux canettes en aluminium et bouteille en plastique des restaurants de street-food.

En moins de trois semaines, sur les six premiers cendriers muraux installés, 3.500 mégots ont été collectés, soit près de 1,5 kg. L’objectif est d’atteindre le chiffre de 10.000 par mois. Et en même temps, de faire prendre conscience aux fumeurs qu’ils peuvent réduire cette pollution.

« Cette expérimentation va nous permettre d’améliorer la propreté, de voir ce qu’il reste sur l’espace public et à quels moments certaines zones sont plus sales. Pour nous c’est aussi un moyen de voir si investir sur ce genre de collecte spécifique paye, comme la distribution de 50.000 cendriers de poche », relève Emilion Esnault, vice-président de Toulouse métropole à la propreté qui a investi 4.000 euros dans cette opération.

Et si l’incitatif ne fonctionne pas, la mairie n’hésite pas à dégainer son carnet de PV. Depuis le début de l’année, 500 personnes ont en reçu un en main propre après avoir jeté son mégot sur le pavé.

Planète

VIDEO. Toulouse : Grâce à leur système, ils récupèrent le plastique flottant charrié par la Garonne

Société

Toulouse: Mégots, déjections canines, tags… Le nombre de PV va flamber

119 partages