Toulouse : Laurence Arribagé renvoyée en correctionnelle pour tentative de déstabilisation électorale

L’actuelle adjointe au maire de Toulouse, Laurence Arribagé est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour des soupçons de tentative de déstabilisation électorale visant sa rivale, la macroniste Corinne Vignon, lors des législatives de 2017. L’élue de la Ville rose était alors la députée sortante LR de la 3e circonscription de la Haute-Garonne, disputée par la candidate LREM.

Par une ordonnance du 12 septembre, celle qui est aujourd’hui patronne de la fédération Les Républicains 31 sera jugée pour recel de dénonciation calomnieuse, recel de violation du secret professionnel et recel de prise illégale d’intérêts, selon cette source judiciaire confirmant une information de Médiacités.

Deux autres personnes seront jugées à ses côtés : Marc Menvielle, ancien numéro deux des finances publiques d’Occitanie, et Frédéric Sartorelli, l’ancien employeur de Corinne Vignon.

Interférer dans la campagne des législatives

L’affaire remonte à l’entre-deux tours des législatives de 2017. Alors que les deux candidates étaient en campagne, Corinne Vignon était visée par une dénonciation de travail dissimulé, lancée par Marc Menvielle, directeur adjoint des finances publiques de la région Occitanie, dont s’était saisie la justice. Une accusation qui ne l’avait pas empêchée d’être élue députée aux dépens de Laurence Arribagé.

Au moment de l’ouverture de l’information judiciaire en janvier 2021, le parquet de Toulouse avait évoqué « une entreprise frauduleuse et concertée visant à interférer dans cette campagne ».

Marc Menvielle avait dénoncé, sans en informer sa hiérarchie, sans enquête préalable, des faits de nature à porter préjudice à Corinne Vignon, au bénéfice de Laurence Arribagé, avec la complicité d’un magistrat, selon une source proche de l’enquête. Le magistrat en question, Patrice Michel, procureur adjoint de Toulouse à l’époque et aujourd’hui retraité, n’a pas été mis en examen au cours de l’instruction mais placé sous le statut plus favorable de témoin assisté, selon une source proche de l’enquête. Il n’est donc pas renvoyé en correctionnelle.

Corinne Vignon, astrologue amateure en plus d’être commerciale, avait réalisé trois thèmes astraux quelques années plus tôt, pour un montant d’environ 200 euros, sans les déclarer. Ces faits, objets du signalement pour travail dissimulé, ayant été considérés comme dérisoires, le parquet de Toulouse avait finalement classé la procédure sans suite.