Toulouse: Cinq choses à savoir sur Téléo, le téléphérique urbain, le plus long de France

La station « Université Paul-Sabatier » du futur téléphérique urbain de Toulouse. — Tisseo Ingenierie

  • Les travaux de réalisation du téléphérique de 3 km de long ont été officiellement lancés en fin de semaine dernière.
  • Ce projet a dû faire face à des contraintes, notamment le passage d’une colline ou encore le survol des ballastières, ces lacs où gisent de la nitrocellulose inerte.
  • La technologie choisie doit permettre d’éviter les problèmes techniques.

L’idée d’un téléphérique urbain a germé dans la tête de l’ancien maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy il y a quelques années. Ce qui pouvait passer pour une lubie au début est en passe de devenir réalité. Vendredi, le coup d’envoi des travaux de réalisation de Téléo, le téléphérique version Tisséo, a été donné. Les premiers essais de mise en service entre Paul-Sabatier et l’Oncopôle auront lieu à la fin de l’année prochaine. Que ce soit le survol des ballastières ou la technologie du système, voici cinq choses à savoir sur ce futur mode de transports.

Le téléphérique toulousain reliera en fin d’année prochaine l’université Paul-Sabatier au site de l’Oncopole, via le CHU de Rangueil. « Il va permettre de mettre 10 minutes là où il faut habituellement 40 minutes en voiture », assure Marc Del Borrello, le président de Tisséo Voyageurs.

Technologie éprouvée pour limiter les pannes

Au total, il y aura trois stations pour un trajet de 3 km donc qui permet de franchir la colline qui surplombe la Garonne. Cette longueur en fera l’an prochain le téléphérique le plus long de France, devant celui du Pic du Midi (1.781 mètres) par exemple. Mais il devrait être rapidement détrôné par le métrocâble de Grenoble qui fera 3,7 km lors de sa mise en service en 2023.

Régulièrement, la question du téléphérique revient au-devant de l’actualité, souvent pour évoquer les pannes de celui de Brest. « A Barcelone, à Lisbonne, cela fonctionne très bien. Nous avons fait le choix d’une technologie éprouvée, celle des trois câbles utilisée depuis une quinzaine d’années, qui n’est pas la même qu’à Brest. Ils ont fait le choix d’une technologie très innovante et cela nécessite souvent des mises au point », assure Francis Grass, président de Tisséo Ingénierie.

Au-dessus des Ballastières, mais « sans risque »

En son temps, Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre, s’était engagé à dépolluer les ballastières. C’était il y a deux ans. Et depuis, c’est le silence radio du côté de la Grande Muette. L’armée n’a toujours pas indiqué comment elle allait traiter les 4.700 tonnes de nitrocellulose inertes stockées depuis plus d’un siècle dans des petits lacs du côté de la Garonne. Et au-dessus desquels le téléphérique va passer.

Malgré leur présence, Francis Grass l’assure, « nous avons la garantie qu’il n’y a pas de risque, tout a été vérifié et aucun pylône n’a été installé dans cette zone, car il est impossible d’y accéder ». « L’autorité environnementale a donné son accord, ici il y a une zone Seveso, une colline, la Garonne… Un concentré de coupures qui ont rendu difficiles la mise en œuvre, mais nous avons trouvé la solution », conforte le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. Sans compter le déménagement de la gare du lycée Bellevue de l’autre côté de la rue, côté campus de l’université Paul-Sabatier qui a eu un surcoût de 10 millions d’euros.

Résistant au vent

Le plus élevé des cinq pylônes de Téléo culminera à 70 mètres de hauteur, du côté de l’Oncopole. Grâce à la technologie à trois câbles déployée par la société Poma, il sera résistant à des rafales allant jusqu’à 108 km/h et doit être moins sujet aux vibrations.

Sur cette zone, le vent ne dépasse les 100 km/h que 2 heures et demie par an en moyenne. Et en cas de coupure d’électricité, la dizaine de salariés qui s’occuperont de Téléo peut rapatrier les cabines en station en moins de 3h.

8.000 passagers… Voire plus

Lors de sa mise en service en fin d’année prochaine, Téléo desservira l’université et ses 30.000 étudiants, le CHU de Rangueil qui assure 210.000 consultations par jour et le site de l’Oncopole et ses 10.000 emplois.

Le futur téléphérique, dont le coût est de 82 millions d’euros HT, pourra accueillir 8.000 passagers chaque jour. Ses cabines de 34 places circuleront entre les stations de 5h15 à minuit et passeront toutes 1’30 en heure de pointe.

Si quinze cabines sont prévues au lancement, « nous avons la possibilité de doubler la capacité en augmentant le nombre de cabines sur le câble », assure Francis Grass.

Toulouse

Crapauds, arbres, air… cinq choses à savoir sur l’impact de la 3e ligne de métro avant l’enquête publique

Toulouse

Un conseil de la nuit vient de voir le jour, qu’est-ce qu’on pourrait bien lui demander?

20 partages