Toulouse : Bouteille en fibres de lin et gourde à base de bois, ils inventent une alternative au verre et au plastique

Elles trônent bien en vue au milieu des autres gourdes vendues au sein de l’épicerie « les Tarées du Vrac », un magasin spécialisé dans le zéro déchet du quartier de la Concorde à Toulouse. Depuis quelques jours, Mélanie, l’une des responsables de la boutique, vend ces contenants d’un genre nouveau, mis au point par  Green Gen Technologies, une société de la Ville rose qui a décidé de proposer une alternative écologique au plastique pétrosourcé et au verre.

Moins flashy que les gourdes métalliques que l’on retrouve aujourd’hui un peu partout, derrière son côté sobre se cachent de nombreux avantages pour la planète. « Elles sont biosourcées et fabriquées en France. Elle est légère aussi et a l’avantage de s’ouvrir par le fond, ce qui permet de la nettoyer », détaille cette adepte du « no waste ».

Et ce n’est pas le seul intérêt de cette invention qui vient d’être mise en vente. « Elle est conçue à base de fibres de bois. Nous extrayons aussi de la résine des chutes de bois que nous mélangeons à la de la sciure, c’est la base de notre gourde fabriquée à partir de la biomasse et non du pétrole », explique James de Roany, le patron de Green Gen Technologies.

Fabriquées dans le Sud-Ouest

Grâce à ces matières premières, elle affiche un bilan carbone extrêmement bas. Mais c’est aussi sa provenance qui y contribue. « Aujourd’hui, 95 % des gourdes proviennent de Chine et sont en aluminium, une matière qui se travaille à des milliers de degrés et nécessite beaucoup d’énergie. La nôtre est produite dans le Sud-Ouest et comme elle peut se nettoyer elle peut durer plus longtemps », avance le responsable de la jeune société toulousaine. Sans compter qu’elle peut être recyclée dans un composteur où elle se dégrade à 70 % au bout de huit mois.

Pratique et écologique, elle répond à une demande exponentielle de bouteille nomade puisqu’une étude de Fact Market Research publié en 2020 annonçait une progression annuelle d’environ 4 % pour arriver à un marché de la gourde qui pourrait peser 11 milliards de dollars en 2030 au niveau mondial.

Pour l’heure, Green Gen Technologies envisage surtout de conquérir les particuliers en les vendant directement aux « Tarées du Vrac » et à partir de ce lundi sur le site « mon gobelet en lin », toujours au prix de 28 euros. Mais aussi de manière plus large aux collectivités et entreprises via deux plateformes, notamment Ankorstore. A l’heure du  mouvement « gourde friendly », James de Roany aimerait que celui-ci émerge pourquoi pas dans les collèges et lycées de la région, les élèves troquant les verres à laver tous les jours par leurs gourdes. Ou dans les entreprises qui de plus en plus sont obligées de réfléchir à leur empreinte carbone.

Du Cognac mis en bouteilles de fibres de lin

Une nouvelle étape pour cet adepte de l’innovation qui va en connaître d’autres au cours de l’année. Car en plus de la gourde, sa société a mis au point une bouteille de fibres longues de lin. Une technologie qui a séduit l’incubateur de LVMH au sein duquel la jeune pousse continue à grandir. La prochaine étape aura lieu en mai prochain, une marque de Cognac ayant décidé d’utiliser ces nouveaux contenants pour son spiritueux qui devraient être mis à la vente en juin.

Bouteilles en fibres de lin de Green Gen Technologies.
Bouteilles en fibres de lin de Green Gen Technologies. – Green Gen Technologies

« Pour ces bouteilles tissées en fibres de lin, nous voulons créer une usine capable de créer 30 millions de bouteilles par an dans une zone allant de Cognac à Montpellier dans un bâtiment qui existe déjà et sera autonome en énergie pour avoir le bilan carbone le plus bas. Elle devrait voir le jour en 2024 », poursuit James de Roany. En attendant, un atelier de neuf personnes leur permettra de produire les premières bouteilles destinées au Cognac, soit près d’un million par an.

D’ici le mois de juin, Green Gen Technologies devrait lancer une nouvelle levée de fonds de 2 millions d’euros pour la création de l’usine. Mais l’avenir de ces contenants biosourcés ne se limitera pas aux spiritueux. James de Roany est déjà à l’étape suivant, celle du vin et pourquoi pas des cosmétiques.