« Top Chef » : « Si j’avais été candidat solitaire toute la saison, ça aurait peut-être été mieux », confie Arnaud Baptiste

Arnaud, candidat de la saison 12 de « Top Chef » — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • M6 diffusait ce mercredi soir le onzième épisode de Top Chef et sa redoutable épreuve de la guerre des restos.
  • Arnaud Baptiste a convaincu les chefs qui ont dégusté son menu dans l’établissement qu’il a ouvert avec Sarah, mais pas les critiques qui ont mangé leur repas à domicile.
  • « J’étais un peu déçu par ça. Après, je me suis dit que c’était le jeu », avance-t-il auprès de 20 Minutes.

« Il n’y a pas eu de match. » Voilà comment Stéphane Rotenberg a résumé les résultats de la guerre des restos de cette douzième saison de Top Chef. Pour la première fois cette année, les candidats et candidates ont dû s’adapter à la tendance du moment :  la restauration en livraison. Une épreuve qui n’a pas réussi à Sarah et Arnaud. Ce dernier a été éliminé au terme de onze semaines de compétition. Il fait le bilan de son parcours pour 20 Minutes.

Dans la guerre des restos, vous avez fait un décor un peu clivant. Vous avez eu peur de ne pas ouvrir avec Sarah ?

Ouais, ouais, on est partis en couilles (rires). Je me suis dit que notre idée était frappante, marquante. Soit ça passait, soit ça cassait. Je pense que c’est ce qui a fait la différence avec l’autre restaurant qui n’a pas été pris. Je voulais vraiment faire un truc qui soit dans notre délire et essayer de pousser la chose au maximum. On a eu une idée, on a été au bout et c’est le principal.

Dans le restaurant, il y a eu 5-1 pour vous. À emporter, il y a eu 9-0 pour Mohamed et Matthias. Est-ce que vous regrettez quelque chose en particulier ?

Je ne regrette rien. Je ne sais pas comment c’est arrivé chez eux, on n’a pas eu de vision sur les personnes qui ont dégusté chez elles. Mohamed et Matthias ont fait des choses plus consensuelles à manger à la maison. Quand tu reçois ça, c’est plus facile que quelque chose qui se mange avec les mains. Ils ont dit que la friture n’était pas arrivée croustillante. Quand je commande McDo sur Uber Eats, je sais que les frites ne vont pas être aussi bonnes que si je les mangeais là-bas. J’étais un peu déçu par ça. Après, je me suis dit que c’était le jeu.

Est-ce que vous regrettez l’assiette que vous avez faite en dernière chance ?

Je suis content de toutes les assiettes que j’ai faites. J’ai fait quelque chose qui me semblait être bien. Quand j’ai vu les assiettes des autres, je n’ai pas vu de choses qui m’ont fait dire « Ah ouais, lui, il est chaud ». J’ai essayé de faire plusieurs trucs qui rappelaient les différentes formes sous lesquelles on peut manger la salade. Je pensais être dans le thème, je pensais avoir ma place. Je ne pensais pas être coup de cœur mais passer à travers les mailles du filet. Franchement, j’avais un peu le seum parce que j’étais sur une bonne lancée. Je suis quelqu’un de compétitif, qui a du mental. Sur cette dernière chance, je pense que mon assiette manquait d’un truc mais je ne sais pas encore quoi.

« C’est la tuile, le coup dur. J’étais persuadée qu’on irait encore plus loin ensemble », vous dit Hélène Darroze. Et Michel Sarran vous promet un bel avenir. Qu’est-ce que vous ressentez à ce moment-là ?

Ça fait au chaud au cœur. Je suis quelqu’un qui ne passe pas inaperçu, j’ai peut-être un franc-parler et une certaine façon d’être mais je suis moi-même. Il n’y a pas de demi-mesure. En choisissant mon assiette, ils ne savaient pas que c’était la mienne. Ils me voyaient tous aller plus loin. C’était un peu la stupéfaction. Mais c’est un concours, c’était écrit que l’aventure devait s’arrêter cette semaine pour moi.

Vous avez été candidat solitaire sur l’épreuve de Mauro Colagreco. Est-ce que ça changeait quelque chose d’être tout seul ?

J’étais content d’être candidat solitaire. Je me suis dit que je n’allais pas avoir de chef de brigade, que ce serait moi contre tout le monde et moi avec moi-même aussi. Tu fais vraiment ta cuisine, ton délire à toi. Si je n’avais pas gagné cette épreuve, on m’aurait dit que c’était parce que je n’avais pas de chef de brigade. Limite, si j’avais été candidat solitaire toute la saison, ça aurait peut-être été mieux pour moi. Quand tu as une idée, les chefs te disent « Tu es sûr de vouloir faire ça ? Est-ce qu’on ne ferait pas comme ça ? » Ils te mettent souvent le doute alors que, si ça se trouve, tu as la bonne idée du premier coup. Il faut écouter leurs conseils tout en restant dans ton idée première. Tu te tortures l’esprit alors que quand tu es tout seul, tu vas à fond avec la conviction que c’est ton assiette qui va gagner.

Dans votre portrait, vous dites que « Top Chef » peut changer votre vie et que c’est un accélérateur de particules. Après onze semaines de diffusion, quel bilan tirez-vous ?

Je suis super content de la diffusion, je me reconnais bien. Si c’était à refaire, je ne changerais rien. Ça t’ouvre des portes qui resteraient peut-être fermées à jamais si tu ne l’avais pas fait. Tu es direct sous les feux de la lumière donc c’est intéressant pour nous, les cuisiniers. Avant de se faire une réputation et une clientèle, ce sont des années de travail. Avec Top Chef, les gens peuvent voir ce que tu proposes donc ils viennent dans ton restaurant d’eux-mêmes, c’est ça qui est important.

Aujourd’hui, êtes-vous toujours sous-chef de l’Allénothèque ?

Non, pas du tout. J’ai démissionné et là, je fais beaucoup de chef à domicile. J’aimerais bien trouver une place de chef dans une jolie structure, le temps de monter mon projet de restaurant.

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