TOP 14 : Saint-André et les hommes de la résurrection de Montpellier

Que de chemin parcouru depuis janvier 2021… Lorsque Mohed Altrad nomme Philippe Saint-André à la tête de l’équipe, à la place de Xavier Garbajosa, le MHR est au bord du gouffre. Un an et demi plus tard, après avoir entre-temps sauvé sa peau et raflé le challenge européen, Montpellier dispute ce samedi face à l’Union Bordeaux-Bègles, la demi-finale du Top 14.

Sous la férule de l’ex-sélectionneur du XV de France, Florian Verhaeghe, Bastien Chalureau, Alexandre Bécognée ou Louis Foursans-Bourdette ont progressé de façon spectaculaire. Ils illustrent le virage d’un club qui a mis fin à la politique de mercenariat qui fut longtemps la règle.

Alexandre Bécognée, d’impact player à titulaire

Le 14 juin, le MHR a annoncé la prolongation du troisième ligne jusqu’en 2024. « Alexandre a très vite hissé son niveau de jeu et constitue un vrai pari gagnant », évoque Philippe Saint-André. Formé à Léognan, arrivé de Mont-de-Marsan en Pro D2, son parcours est atypique. « Je ne pensais pas que le rugby deviendrait un jour mon métier », explique-t-il. A 25 ans, le flanker s’est imposé aux yeux du staff, d’abord par ses entrées en jeu dynamique, puis l’impact player est devenu titulaire. « Des joueurs capables d’avoir une telle densité physique sur l’homme cela ne court pas les rues », expliquait David Auradou, son ancien entraîneur dans les Landes en 2021, avant sa première cape lors de la tournée d’été en Australie.

Bastien Chalureau, interdit de « tours en ville »

Le deuxième ligne revient de loin. Un parcours de vie tortueux, des conneries, petites et grosses, des blessures, jusqu’à craindre l’amputation. Et puis ce qui ressemble à une résurrection. A 30 ans, il est peut-être devenu un vrai joueur de rugby. Sur et en dehors du terrain. « En arrivant, ça a été clair. Xavier [Garbajosa] m’a dit : “Je te vois faire un tour en ville une fois, tu dégages.” C’est pour ça que je me suis installé loin dans un premier temps. Je n’ai pas bu une goutte d’alcool pendant un an. » « Il a travaillé très dur, perdu 12 kg, confirme Philippe Saint-André. Il est en train de s’affirmer au très haut niveau et ça se voit dans son investissement ». Ce profil hors norme (2,02 m pour 120 kg) a pris la place de titulaire laissée vacante par Paul Willemse depuis sa blessure.

Florian Verhaeghe, tout d’un capitaine

Appelé dans le groupe France, le deuxième ligne n’a pas encore porté le maillot bleu. Ce n’est sans doute qu’une question de temps. Passé par toutes les sélections jeunes, ce fort potentiel venu de Toulouse a vécu sa première saison pleine à Montpellier. Philippe Saint-André en a même déjà fait (ponctuellement) son capitaine à 24 ans, preuve de sa maturité. « C’est quelqu’un d’ambitieux, de travailleur et à l’écoute. Il va y arriver », évoquait en 2017 son ancien sélectionneur chez les U20, Thomas Liévremont. Ce redoutable preneur de ballons en touche, gros plaqueur est étonnamment vif et habile avec le ballon compte tenu de son gabarit.

Louis Foursans-Bourdette, le trublion des compos de Saint-André

Pas sûr qu’il joue contre l’UBB, ni même qu’il soit sur la feuille de match. Mais le jeune ouvreur de 20 ans a déjà réussi une forme d’exploit. S’imposer comme une solution crédible à l’ouverture lorsque Philippe Saint-André réfléchit à ses compos d’équipe. La concurrence au poste est pourtant rude entre le champion du monde sud-africain Pollard et le grand espoir italien Garbisi. Dix-neuf fois, le Nîmois a porté le maillot du MHR cette saison, dont 14 comme titulaire. Son sens du jeu et sa précision face aux perches (87 % de réussite) en font un très grand espoir.