Thérapies de conversion : Quatre sénateurs des Pays-de-la-Loire sous le feu des critiques

Le Sénat a adopté mardi, à une large majorité, un projet de loi visant à interdire les thérapies dites de conversion sexuelle. Pratiquées par des thérapeutes, hypnotiseurs ou religieux, ces méthodes infondées et décriées prétendent « guérir » de l’homosexualité. Ces agissements seront désormais punis de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende, voire davantage en cas de circonstances aggravantes, notamment lorsque la victime est mineure. Dans l’hémicycle, seuls 28 sénateurs se sont opposés au texte (305 l’ont approuvé).

Parmi ces votes discordants, quatre élus LR des Pays-de-la-Loire : Bruno Retailleau (Vendée), Laurence Garnier (Loire-Atlantique), Stéphane Piednoir (Maine-et-Loire) et Louis-Jean de Nicolaÿ (Sarthe). Tous les quatre sont depuis, sur les réseaux sociaux, la cible de nombreuses critiques les qualifiant parfois de « réactionnaires », « homophobes » ou « sénateurs de la honte ».

Clash au conseil régional

A tel point que l’ancienne conseillère régionale Laurence Garnier, cheffe de file de l’opposition municipale nantaise, s’est sentie obligée de se justifier publiquement ce mercredi. « Je connais personnellement les souffrances des personnes homosexuelles et des personnes transgenres. Je respecte infiniment ces personnes et je considère que ce débat mérite mieux que des invectives et des insultes sur les réseaux sociaux », a-t-elle commencé dans un communiqué. Elle explique ensuite son vote par trois arguments. « Ces thérapies de conversion sont toutes déjà explicitement punies par la loi, par les délits d’abus de faiblesse, de violences, d’exercice illégal de la médecine, d’escroquerie (…) Ce texte n’a, de fait, aucune portée juridique. »

Elle poursuit : « Le texte de loi aurait pu être l’occasion de protéger les mineurs de s’engager dans une démarche de changement de sexe définitive et irréversible. Mais l’amendement de ma collègue Jacqueline Eustache-Brinio visant à interdire les opérations et traitements de changement de sexe sur les enfants de moins de 18 ans a été rejeté. » Enfin, « j’ai été alertée à de très nombreuses reprises et ai reçu de nombreux messages de personnes transgenres s’opposant au vote de ce texte qui ne semblait pas faire l’unanimité », conclut-elle.

Ce vote controversé a aussi débouché ce mercredi sur une passe d’armes au sein du conseil régional des Pays-de-la-Loire entre Guillaume Garot, chef de file des socialistes, et la présidente, Christelle Morançais (LR). Le premier a réclamé à la seconde qu’elle se « désolidarise » publiquement et qu’elle affirme « que l’homosexualité n’est pas une maladie à guérir ». Indignée, Christelle Morançais a rétorqué que ces propos étaient « une injure, un crachat, une blessure ».