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Theodora, Charlotte Cardin, Feu! Chatterton, disiz et Santa récompensés aux Victoires de la musique 2026

Les Victoires de la musique 2026 seront décernées ce vendredi, lors d’une cérémonie retransmise en direct, dès 21h10, sur France 2. Mika est le président d’honneur de cette édition coanimée par Cyril Féraud et Helena Noguera.


Faut-il s’attendre à des surprises ? Les Victoires de la musique 2026 seront remises ce vendredi lors d’une cérémonie retransmise en direct à partir de 21h10 sur France 2. Deux certitudes s’imposent : Mika est le président d’honneur de cette édition, coanimée par Cyril Féraud et Helena Noguera, et Nana Mouskouri ainsi qu’Indochine recevront une Victoire d’honneur. Pour le reste, voici les artistes en lice et nos lauréats et lauréates idéaux.

**Artiste féminine**

Dans une catégorie où les choix sont évidents, nous optons pour celle qui s’est imposée comme une nouvelle évidence : Charlotte Cardin. En deux ans, la Québécoise est passée de voix émergente à figure incontournable de la chanson francophone. Bien que nous ayons apprécié l’album *Destinée* d’Aya Nakamura et aimé *Le retour des beaux jours* de Vanessa Paradis, nous choisissons Charlotte Cardin, capable de surprises, comme lorsqu’elle a chanté à la cérémonie du Ballon d’or. Avec *Tant pis pour elle*, premier extrait d’un troisième album attendu cette année, elle nous a ensorcelés.

**Est également nommée :** Santa.

**Artiste masculin**

Sur le papier, Orelsan apparaît comme le grand favori. Son album *La Fuite en avant* a reçu des critiques élogieuses et a été certifié disque de diamant en seulement six semaines. Cependant, après avoir déjà remporté ce prix à deux reprises, en 2018 et 2022, il ne serait pas surprenant que les votants se tournent vers l’un des autres nominés tout aussi méritants. À commencer par Feu ! Chatterton, qui, depuis 2016, a été nommé cinq fois dans diverses catégories sans jamais gagner. Il serait temps que ce groupe pop et rock parmi les plus créatifs de la scène actuelle reçoive quelques honneurs. Un prix viendrait récompenser son inventivité, son énergie scénique et son excellent dernier album, *Labyrinthe*, qui reste exigeant en matière de conception tout en étant plus accessible que les précédents.

**Sont également nommés :** Pierre Garnier et disiz.

**Révélation féminine**

Nous attribuons le prix à notre Boss Lady nationale : Theodora. Sa progression est fulgurante. En quelques mois, on est passé de « Tu connais ? » à « Non, mais tu vis dans une grotte ou quoi ? ». Au-delà de sa réussite, elle est une artiste qui a su capter son époque, avec un impact culturel exceptionnel. Ses titres entraînants et des paroles mémorables cachent un engagement artistique. Les chiffres témoignent de son succès : *MEGA BBL* vient d’être certifié triple platine et, en novembre, Theodora a placé sept titres dans le Top 50 de Spotify. Elle pourrait également se distinguer en révélation scène, catégorie où les trois nominées sont les mêmes que pour la révélation féminine.

**Sont également nommées :** Helena et Miki.

**Révélation masculine**

Notre choix se porte sur Ino Casablanca. À 25 ans, le rappeur toulousain a été à juste titre acclamé par la critique pour son dernier projet, *EXTASIA*. Ses titres, où les percussions maghrébines rencontrent des rythmes hip-hop contemporains, font ressentir une sensibilité qui ne joue pas la dureté. Scéniquement, il se passe quelque chose. Nous l’avons vu à Paris lors de l’une de ses deux dates de décembre : une énergie brute, un public survolté et des refrains chantés en chœur. Cette année, il remplit La Cigale, enchaîne les festivals majeurs, et sa nomination aux Victoires de la musique semble plus qu’évidente.

**Sont également nommés :** L2B et Sam Sauvage.

**Album de l’année**

Nous votons pour disiz. L’artiste de 47 ans, qui n’a reçu qu’une Victoire de la musique, celle du meilleur album rap il y a vingt ans, a vu son disque *L’amour*, paru en 2022, ne décrocher aucune nomination malgré un franc succès (disque de platine). Les votants ont l’opportunité de rattraper cela en couronnant *on s’en rappellera pas*, un album riche de spleen et d’audaces musicales (incluant la pépite *Amsterdam* et le viral *Melodrama* avec Theodora), qui explore l’electro et le shoegaze.

**Sont également nommés :** *Hele* d’Helena, *Labyrinthe* de Feu ! Chatterton, *La Fuite en avant* d’Orelsan, *Méga BBL* de Theodora.

**Chanson de l’année**

Pour ce trophée, le public vote. À notre avis, les fidèles de *Star Academy* risquent de faire pencher la Victoire vers Helena pour *Mauvais garçon*, un tube au refrain accrocheur. Cependant, nous pourrions également préférer *Les filles, les meufs*, la première chanson de Marguerite, qui a marqué le début de sa carrière après le télécrochet de TF1 avec ce coming-out bi.

**Sont également nommées :** *Fashion designa* de Theodora, *Soleil bleu* de Luiza et Bleu Soleil, *Tant pis pour elle* de Charlotte Cardin.

**Concert de l’année**

Santa, déjà nommée dans cette catégorie l’an passé, ne pouvait que se incliner face aux cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques. Qu’elle reçoive le trophée cette année serait donc juste pour saluer ses concerts spectaculaires et son aura unique dans le paysage musical français.

**Sont également nommés :** DJ Snake, Justice et Philippe Katerine.

**Création originale de l’année**

Avec *Tant pis pour elle*, Charlotte Cardin propose un clip, réalisé par Jason Brando, pensé comme un court métrage intense. Suzane donne, avec le single *Je t’accuse*, le coup de poing de l’année : un clip frontal et puissant, porté par des personnalités fortes se battant contre les violences sexistes et sexuelles.

Mais nous privilégions Theodora. Avec *Fashion Designa*, elle propose une véritable révolution visuelle. À une époque où l’on s’interroge de plus sur la place des clips, elle en fait une œuvre à part entière. Elle vient également de sortir un nouveau titre, *Des mythos*, un sujet aussi intime qu’envoûtant, accompagné d’un clip à la direction artistique audacieuse.