TFC : « J’ai vraiment honte »… Olivier Sadran dresse un tableau apocalyptique du dernier de Ligue 1

Le président Olivier Sadran est resté flou sur les solutions à apporter pour aider le TFC, dernier de Ligue 1, à sortir de l’ornière. — Nicolas Stival / 20 Minutes

  • Très rare dans les médias, Olivier Sadran s’est exprimé ce lundi au Stadium de Toulouse.
  • Le président du TFC a dressé un tableau très sombre de la situation du 20e de Ligue 1, sans apporter de solutions concrètes.
  • L’actionnaire majoritaire des Violets se dit prêt à céder le club, si un actionnaire sérieux se présente.

L’événement ne s’était pas produit depuis le 25 juin 2018. Olivier Sadran a tenu une conférence de presse ce lundi au Stadium pour parler du TFC qu’il préside depuis 2001. A mi-saison, l’équipe toulousaine est engluée à la dernière place de Ligue 1, éliminée de la Coupe de France par un club de quatrième division (Saint-Pryvé-Saint-Hilaire).

Elle est fâchée avec ses supporters les plus fervents et, pour la première fois de son histoire, elle a déjà changé deux fois d’entraîneur dans la saison : après dix défaites d’affilée, Denis Zanko a succédé dimanche à Antoine Kombouaré, qui avait lui-même remplacé Alain Casanova mi-octobre.

Un exercice de contrition

Autant dire que pour un supporter des Violets, l’intervention de Sadran s’apparentait au passage de la comète de Halley pour un passionné d’astronomie. Alors, que retenir de cette discussion d’une heure devant une vingtaine de journalistes ? Déjà, tout le champ lexical du malheur y est passé, lors d’un exercice de contrition dont l’actionnaire principal du TFC n’est pas un habitué.

Extraits choisis :

  • « J’ai vraiment honte de ce que l’on produit, j’en ai l’entière responsabilité et si on en est là, c’est que j’ai commis des erreurs. »
  • « La situation est catastrophique, c’est sans doute la pire depuis le rachat en 2001. »
  • « L’équipe en place et dont je fais partie est dans l’échec absolu et un certain nombre de décisions doivent être prises. »

A ce sujet justement, Sadran est resté très évasif. Oui, il faut renforcer l’effectif, mais « il peut y avoir zéro comme trois arrivées au mercato d’hiver ». L’équipe dirigeante, dont la très critiquée cellule de recrutement, n’a pas réussi à amener le club plus haut qu’une 13e place de Ligue 1 depuis 2015 (une fois 18e, deux fois 17e, une fois 16e) ? C’est vrai mais « on va essayer d’avoir une analyse plus sereine » avant de procéder à des changements, a indiqué le président.

Pas forcément de quoi inciter les supporters à « apporter un supplément d’âme » dès samedi contre Brest, dans un Stadium qui devrait sonner bien creux.

Le PDG de la société Newrest s’est par ailleurs défendu d’une accusation récurrente qui lui est faite : celle d’avoir placé des proches aux postes clé du club. « Je ne suis pas ami avec Jean-François Soucasse [président délégué] ni avec Dominique Arribagé [en charge du recrutement] », a-t-il plaidé.

« Il ne faut pas descendre »

Sadran s’est montré plus clair sur l’objectif à atteindre d’ici fin mai. « Grappiller cinq ou six points sur nos concurrents en 19 journées ». « C’est un peu plus dur de descendre avec les barrages, donc plus dur de remonter. Il ne faut pas descendre. »

Et la lutte pour le maintien, combat ordinaire du TFC depuis le milieu des années 2010, ça ne passe pas par des ailes de pigeon ou des passements de jambes. « Le public, il y en a moins aujourd’hui, on a voulu le séduire il y a quatre ou cinq ans en se tournant vers plus de jeu et on s’est complètement plantés. »

Et puis, de toute manière, selon Sadran, « le public toulousain est très attaché à l’effort physique, peut-être plus qu’au jeu pur. » Les joueurs de Denis Zanko, vont donc devoir courir, lutter et bien sûr arrêter de prendre plus de deux buts par match (39 encaissés lors des 19 premières journées).

Pas emballé par le foot contemporain

Et ensuite, que va faire Olivier Sadran de son club ? On sent bien que le football version 2020 et son environnement lui plaisent moins que celui de la période des Pitchouns, lorsque sous l’égide d’Erick Mombaerts, le TFC était remonté du National en L1, entre 2001 et 2003. « Le foot a vraiment changé », glisse-t-il. « Aujourd’hui, les joueurs ont d’abord un projet individuel, ils se voient tous au Barça ou au Real. »

Et lui, se voit-il lâcher les rênes, alors qu’il regrette que le partenariat étudié avec Manchester City à l’été 2018 n’ait finalement pas abouti ? A priori, oui, qu’il s’agisse d’une vente pure et simple ou de l’entrée d’un nouvel actionnaire : « Je peux être ouvert à 100 % comme à quelqu’un qui vient aider et qui remplit un rôle opérationnel que je ne remplis pas. »

En attendant, devant la DNCG au printemps, « j’assumerai les conséquences économiques pour que le club puisse continuer à être dans le football professionnel ». En Ligue 1 ou en Ligue 2, l’issue la plus probable à ce jour.

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