TFC: «C’est l’un des nôtres»… Pourquoi les supporters toulousains n’oublieront pas Yannick Cahuzac

Yannick Cahuzac face à Neymar, le 10 février 2018 au Stadium de Toulouse. — R. Gabalda / AFP

  • Après deux saisons à Toulouse, Yannick Cahuzac, en fin de contrat, va rejoindre Lens.
  • Les supporters du TFC l’ont célébré samedi contre Marseille au Stadium, le dernier match du Corse en Violet.
  • Outre ses qualités de joueur, ce sont ses valeurs humaines qui ont conquis la majeure partie d’un public pourtant loin d’être acquis à sa cause lors de son arrivée de Bastia.

Une acclamation lorsqu’il est descendu du car du TFC, avant de traverser le parvis du Stadium pour rejoindre les vestiaires. Une banderole « Merci Cahu » brandie par les Indians Tolosa en début de rencontre. Des « Cahu, Cahu, Cahu, Cahuzac » chantés par le même groupe ultra du virage Brice-Taton tout au long du match. Et une énorme ovation à son entrée en jeu à la 85e minute.

Yannick Cahuzac a été fêté par le public toulousain samedi contre Marseille (2-5), pour le dernier match du milieu de 34 ans sous le maillot du quinzième de Ligue 1. Suspendu, il ne se produira pas à Dijon vendredi, en baisser de rideau du championnat. Après deux années en violet, le Corse va rejoindre son grand ami Jean-Louis Leca cet été à Lens, en L2 ou en L1.

Mais il n’oubliera pas ces adieux et surtout leur intensité, à laquelle, de son propre aveu, il ne s’attendait pas. « Ça m’a beaucoup touché », a reconnu l’intéressé mardi soir dans un salon du Stadium, en marge des Oscars du mécénat organisés par le TFC et sa fondation. « Pour l’avoir côtoyé, c’est un garçon assez rugueux sur le terrain mais qui, dans la vie, est un vrai agneau, indique Alain Grolier, président du club des supporters des Violets (650 adhérents). C’est un sacré joueur, mais aussi un type sympa, adorable. »

De gros préjugés lors de son arrivée

Toutes compétitions confondues, l’ancien Bastiais aura « seulement » joué 49 matchs officiels (et inscrit un but) avec Toulouse. Mais il a marqué les esprits, ce qui était loin d’être acquis à son arrivée, consécutive à la rétrogradation du Sporting. De nombreux supporters toulousains gardaient alors l’image d’une fougue pas toujours contenue, symbolisée par son « étranglement » sur Adrien Regattin à Furiani, en septembre 2015, et son expulsion au retour sur l’île du Ramier, en avril 2016.

« Quand il était à Bastia, je l’ai pourri sur Twitter, se souvient Yves Chaumien, supporter toulousain depuis les glorieuses années quatre-vingt, très actif sur ce réseau social. Il m’avait bloqué, même si j’ai appris ensuite que ce n’était pas lui qui gérait son compte. Et puis un jour, je l’ai attendu sur le parking des joueurs au Stadium. Je me suis présenté, et on a discuté pendant une demi-heure. J’adore vraiment ce mec gentil, avec des valeurs, qui ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas. »

Au-delà de ses qualités de footballeur, Cahuzac a donc conquis les fans du TFC par sa disponibilité en dehors des terrains. Et aussi sa combativité dessus, au cœur de deux saisons très difficiles sportivement. « Je regrette que l’on n’ait pas eu onze mecs comme lui, un gars sain, qui montre l’exemple », reprend Yves Chaumien.

Un seul rouge à Toulouse

« C’est quelqu’un avec qui on pouvait discuter, c’est de plus en plus rare dans le haut niveau », ajoute Alain Grolier. Pourtant, lui non plus n’était pas venu attendre le Corse avec un bouquet de violettes à l’aéroport de Blagnac lors de son arrivée en juillet 2017. « Je me disais : « aïe, aïe, aïe, combien il va prendre de cartons rouges ? » » Réponse : un seul, début mars à Lyon (5-1), contre 15 lors de sa première vie bastiaise.

« Yannick s’est tellement vite adapté, il s’est tellement imprégné des couleurs du club que finalement, c’est passé comme une lettre à la poste, sourit aujourd’hui le président des Supporters des Violets. C’est l’un des nôtres. Et on pouvait compter sur lui quand on le faisait jouer, pas assez à notre goût. »

Ses cinq petites minutes de jeu pour sa « der » contre l’OM ont eu du mal à passer chez pas mal de fans, déjà remontés contre le club et sa direction, au fil des saisons qui s’enchaînent au fond de la Ligue 1, jamais loin de l’ascenseur pour l’étage du dessous.

Son grand-père avait aussi marqué le TFC

Si Lens traverse l’épreuve des barrages pour remonter dans l’élite, ils reverront leur « Cahu » d’ici quelques mois. Mais quoi qu’il arrive, Yannick Cahuzac restera dans les mémoires violettes. Comme son grand-père Pierre, autre icône en Corse, vainqueur de l’unique Coupe du France du TFC comme joueur, en 1957, et entraîneur à succès au début des années quatre-vingt.

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