TER en Paca : Les cheminots s’organisent contre la mise en concurrence

Avec un train sur deux circulant en moyenne, le trafic des TER était fortement perturbé ce jeudi en région Paca par une grève des cheminots qui protestent contre l’ouverture de ce marché à la concurrence. La région Paca, pionnière dans ce transfert vers des opérateurs privés, a mis sur le marché deux lots : la ligne de « l’étoile ferroviaire niçoise » qui devrait revenir à la SNCF ou à l’une de ses filiales et la ligne Marseille- Nice, confiée à la société italienne Transdev.

Ces choix doivent toutefois encore être définitivement actés lors d’un vote des élus régionaux le 29 octobre prochain. A cette occasion les cheminots prévoient d’organiser une manifestation nationale à Marseille entre l’hôtel de région et le siège marseillais de la SNCF.

Craintes pour le statut de cheminot et le service aux usagers

Réunis en assemblée générale sur différents sites ce jeudi (Avignon, Miramas, Marseille, Nice), les cheminots ont notamment exprimé « leur crainte de dumping social », a indiqué Fabrice Florio, représentant CGT, employé à la SNCF depuis vingt-deux ans. « Notre statut est protégé pendant quinze mois, puis il faudra négocier un accord d’entreprise », explique-t-il. « Depuis le 1er janvier 2020, les cheminots embauchés ne le sont plus sous ce statut, le but de cette mise en concurrence est aussi d’accélérer son démantèlement », poursuit Fabrice Florio qui craint par ailleurs que « le service ne se dégrade pour les usagers et une hausse des prix, comme en Angleterre ».

« L’ouverture à la concurrence représente une avancée majeure à la fois pour les usagers et pour les contribuables », a assuré dans un communiqué Renaud Muselier, le président de la Région Paca, qui promet « une offre de train doublé sur la ligne Marseille-Nice et augmentée de 75 % sur l’étoile azuréenne, et le tout a prix équivalent pour la Région ». « La ligne Marseille-Nice représente 10 % du trafic et pèse 34 % du chiffre d’affaires. En sortant le marché le plus rentable d’une offre globale, on nationalise les pertes et privatise les profits », s’agace le représentant CGT.

Cette mise en concurrence découle de la loi de 2018 «pour un nouveau pacte ferroviaire » qui laissait jusqu’en 2023 la possibilité aux Régions de continuer à attribuer les contrats à la SNCF pour une durée maximale de 10 ans. A terme, l’ensemble du marché ferroviaire français sera soumis à la concurrence.